Venant du Latin jazz, cette flûtiste classique, fille de Jésus « Aguaje » Ramos baigne dans la musique depuis son plus jeune age. Installée à Paris depuis ses 20 ans on l’a vu choriste et flûtiste de Sergent Garcia, chanteuse de El Hilo de la Cumbia…

Après un premier album « Piratas » en 2014, un deuxième album sobrement intitulé « 2 » sorti en 2016 sur lequel elle défend « des histoires qui n’ont pas encore été contées » : celles d’amitiés blessées, celles de son quartier à Cuba, de sa tante, qui, mécontente de ses colocataires tente de fuir son sépulcre… La Dame Blanche était en concert au Hasard Ludique samedi dernier. Petit report d’un nouveau fan.

Il fait froid, beaucoup trop froid, la pluie démarre et la nuit est tombée encore une fois beaucoup trop tôt. Un samedi de décembre qui ne déroge pas à la règle en somme. Sauf que ce soir la Dame Blanche chante au Hasard Ludique.

Une pinte de IPA récupérée au bar j’entre dans la petite salle du 18° arrondissement dans laquelle il reste encore de la place. Là, un homme allongé sur le bord de la scène semble profiter de ces quelques instants de calme pour faire un petite sieste ou peut être a -il commencé la IPA bien avant moi.

Soudain, les lumières s’atténuent et toute de blanche vêtue, bonnet de noël en guise de couvre chef, cigare à la main, la Dame Blanche fait son entrée sur scène. Par une sorte de magie dont elle seule a le secret la température de la salle augmente immédiatement.

« Ave Maria » résonne, en quelques instants les mines frigorifiées s’estompent et l’espace commence à manquer comme si sa voix avait été entendue au delà du hasard ludique et que les fidèles affluaient de partout.

Yaite Ramos Rodriguez aka La Dame Blanche lance de début des hostilités, désormais sous son emprise, nos corps ne répondent qu’a sa volonté.

La grande prêtresse entonne La Ley, nos jambes, notre rythme cardiaque, notre respiration lui appartiennent désormais. Cigare toujours visé à la main cette « mère, épouse, maîtresse » comme elle aime se définir convoque le meilleur de la nueva cumbia et du hip hop.

Les titres s’enchaînent sans que l’on arrive vraiment à se rendre compte du temps qui passe. Puis a un moment c’est terminé, sans que l’on comprenne comment, l’heure est déjà bien avancée et la Dame Blanche s’en est allée.

Je retrouve donc le froid et la pluie de ce samedi de décembre mais avec en moi une chaleur, comme un don offert par cette grande dame. Sur le chemin du retour, je pense à cette soirée que je vais raconter mais un constat s’impose à moi, il y a des choses que l’on ne peut retranscrire, seulement vivre.

La Dame Blanche m’a envoûté et comme elle le dit elle même « si la journée commence mal met mon disque et ça va te changer peut être le reste de la journée », j’ajouterai qu’aller la voir en concert peut changer beaucoup plus qu’une simple journée.

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Written by Anatole Persuy
Demain rêve général