Si tu as un tant soit peu suivi les charts US cet été, tu as sûrement entendu parler de Cardi B. Tu as peut-être même dansé sur son hit « Bodak Yellow », mais sais-tu vraiment d’où sort cette nouvelle rappeuse qui réussit le challenge d’allier vulgarité assumée, franc-parler et un tonneau de talent pour attirer l’attention sur elle ?

Des barres de strip à la TV réalité 

Ancienne strip teaseuse, elle est originaire du Bronx, le quartier le plus chaud de New York, connu pour sa violence, ses gangs et aussi pour être l’épicentre de la culture afro américaine. Au delà de ça, c’est surtout le berceau de la culture hip-hop qui a sûrement bercé Cardi B, expliquant en grande partie pourquoi elle ne mâche pas ses mots.

C’est ce franc parler qui lui permet de percer sur Instagram et se construire une base importante de followers. Elle y poste des vidéos & photos comme tant d’influenceuses, sauf qu’au lieu de vanter les mérites de thé minceur, elle y parle « vrai » ou plutôt « crue » principalement de sa vie sexuelle et de son quotidien. Sa personnalité séduit, et assez rapidement toute une génération adore son côté « authentique » et sans concession, pour le meilleur et pour le pire.

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Sans trop de surprise elle rejoint le casting de la TV réalité « Love & Hip-hop : New York » et ne manque pas de s’y faire remarquer pour sa façon si vulgaire de parler et ses nombreux styles capillaires. Sa personnalité grandiloquente est même trop grande pour cette émission, dont elle voit les limites. À ce moment-là, son manager lui conseille de se lancer dans le rap. Après deux mixtapes restées relativement inconnues, elle tourne le clip du titre « Bodak Yellow » comme une vidéo instagram dont le budget se serait fortement multiplié. La réponse du public est quasi unanime, coup de foudre pour le phénomène Cardi B.

L’image avant le talent, comment les réseaux sociaux créent la célébrité

Les américains l’adorent, pourquoi ?

C’est la première rappeuse à avoir un titre premier du chart US depuis Lauryn Hill en 1998. C’est une belle victoire mais encore faudrait-il que le fond soit aussi bon que la forme, avec son titre « Bodak Yellow », Cardi B est loin, très loin d’égaler le talent de Lauryn Hill.  En 2017 pour arriver en top du chart US il faut réussir à cumuler des ventes physiques, digitales et aussi le nombre d’écoute sur toutes les plateformes musicales (Spotify, Soundcloud) mais aussi nombre de vues sur Youtube. C’est donc tout naturellement qu’une star d’internet comme Cardi B réussisse à créer autant d’engagement sans pour autant que cela soit révélateur d’un travail considérable en amont. Comme plein de starlettes d’Instagram, elle a commencé par être connue avant de chercher un moyen de monétiser son audience (nombre de followers), on peut même se dire que si elle n’avait pas réussi dans la musique elle aurait peut être fait du cinéma,  ou créé sa propre télé-réalité, peu importe le médium l’important c’était de faire des sous avec sa célébrité.

Qui es-tu Cardi B ?  Star des réseaux et nouvelle reine des charts US  

Pas peu fière de kicker Taylor Swift de son trône

Phénomène viral, « Bodak Yellow » a suivi le même parcours que le titre « Black Beatles » de Rae Sremmurd ou du « Bad and Boujee » des Migos tout ça en grande partie grâce à l’avalanche de « memes » et autre mannequin challenge. C’est son seul titre à faire le buzz et la prod s’inspire librement d’un titre de Kodak Black sorti de prison peu avant la sortie du titre. Il est d’ailleurs signé sur la même maison de disque (Atlantic records) que Cardi B. Ça sent fort la stratégie marketing quand même.

On peut cependant lui reconnaître la rapidité avec laquelle son titre s’est hissé en top du chart US. Détrôner Taylor Swift et sa pop country plus blanche que blanche, avec un titre aussi provocateur, ça surprend. Vous me direz Nicki Minaj a sûrement fait tout aussi bien, erreur. Contrairement à ce qu’on pourrait penser Nicki Minaj n’a jamais été numéro un des charts US, ne se hissant qu’au maximum à la 3ème place avec des titres un peu plus lisses comme des «  Super Bass » ou « Bang Bang ».

Annonce de featuring en pagaye sauvons nos oreilles 

Le nouveau « money move » de Cardi pour toucher la communauté latino et toujours plus calculer ses coups de pubs, c’est le remix annoncé de sa chanson avec l’une des figures montantes de la trap latino Messiah. Dans la lignée des Despacito et autre J Balvin, elle, ou plutôt sa maison de disque, a bien compris la popularité de la musique latino aux États-Unis en ce moment.

Pour pimenter le tout, la star des réseaux sociaux s’est fiancé à son compagnon Offset membre du groupe Migos. Pour ravir les fans la demande s’est faites en live sur scène lors d’un concert à Philadelphia. Mise en scène et étalage de vie privée, pas de doute on est bien en 2017, le show avant le talent.  Elle a même été invitée sur scène au OVO fest de Drake et vient de faire la cover du célèbre magazine Rolling Stones.

Les paradoxes de la société américaine

Ce qui peut paraître le plus surprenant c’est que les meufs l’adorent. En pleine période de combat féministe et lutte contre l’objectivation de la femme, certaines voient paradoxalement en Cardi B une idole. Elles en font une figure de la libéralisation de la sexualité des femmes sous prétexte qu’elle déclare haut et fort se sentir bien plus puissante depuis qu’elle s’est mise à utiliser les hommes pour arriver à ses fins. À quel moment est-ce devenu cool de faire aux autres ce qu’on n’aime pas qu’on nous fasse ?

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Cependant une personnalité aussi incontrôlable n’a-t-elle pas de grande chance de partir en sucette, à l’image de Nabilla qui pète les plombs contre son mec au sommet de sa célébrité ? L’avenir nous dira si Cardi B pètera ou pas les plombs, noyée par tout cet oseille qu’elle accumule en si peu de temps. Elle qui rêvait de célébrité et de blé a enfin arrêté de danser pour faire danser les billets, jusqu’à quand ?

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