Depuis la rentrée, Paris est à l’heure de New York. Deux musées de la capital, le musée Maillol et la Fondation Louis Vuitton mettent respectivement à l’honneur des œuvres de l’institution New Yorkaise le MoMa et le Pop Art mouvement artistique qu’on assimile systématiquement à la grande pomme.

NEW YORK, CAPITALE DE L’ART CONTEMPORAIN

L’art contemporain est représenté par de nombreux établissements culturels tels que le Musée Guggenheim, le New Museum of Contemporary Art et le Museum of Modern Art – MoMa.
Indéniablement, New York est la capitale de l’art moderne comme de l’art contemporain. Musées et pléthore de galeries d’art exposent artistes des plus notoires mais également des artistes plus confidentiels.
Aujourd’hui l’île de Manhattan n’a plus le monopole. La scène new-yorkaise se transforme en permanence et des lieux artistiques novateurs naissent dans Brooklyn, le Queens, et jusque dans le Bronx.
Bien que né en Grande Bretagne, le Pop Art est systématiquement associé à New York où Andy Warhol Pape du mouvement, sévissait au sein de son atelier iconique The Factory.
L’objectif de cet art populaire était de contester la tradition. Medias et culture populaire étaient érigés comme art à part entière. Fini l’expressionnisme et l’abstrait, cette nouvelle forme d’art se veut figurative, ludique et colorée et emprunte très souvent les codes visuels de la publicité.

DEUX EXPOSITIONS, DEUX EVENEMENTS

Les deux expositions temporaires Etre moderne, le MoMa à Paris et POP ART Icons that matter sont annoncés dès la rentrée 2017 comme des événements à ne pas manquer.

Il est vrai que les œuvres qui composent ces expositions quittent rarement voir jamais le sol américain. 200 œuvres prêtées à la Fondation Louis Vuitton, prêts rendus possibles par les travaux d’extension du MoMa élaborés par Nouvel rien que ça, qui devraient s’achever en 2019. Nouveau coup fort de la fondation qui avait déjà marqué les esprit avec l’exposition Chtchoukine – « Icônes de l’art Moderne » de l’an passé, collection unique de l’homme d’affaires russe clôt sur un record de fréquentation. 278 chefs-d’œuvre de l’art moderne étaient présentés pour la première fois réunis en grande partie, depuis la dispersion de la collection en 1948.

Tout le monde s’accorde à dire que c’est l’événement culturel de la rentrée.

Très attendu également car aussi inédite, l’exposition POP ART Icons that matter du musée Maillol est une occasion unique de découvrir 65 chefs-d’œuvre du mouvement issus des collections du Whitney Museum of American Art de New York. Une institution, créée en 1930 par la sculptrice et mécène Gertrude Vanderbilt Whitney, qui a toujours parié sur l’avenir.  Les tableaux, quasiment tous exposés pour la première fois dans la capitale, ont été achetés au moment de leur création.

Sur le papier en tout cas, on signe. Mais en vrai est ce que ça vaut le détour et surtout la bonne heure queue à faire ?

EST QU’ON SE DÉPLACE ?

On va tuer le suspense tout de suite. Oui.
Il s’agit de deux expositions qui pourront plaire aux néophytes comme aux initiés. Peut être que le Pop Art et l’art moderne en général sont souvent plus accessibles car souvent plus ludiques.
Pour la première fois, ses œuvres se trouvent à portée de main, ou du moins à portée de métro pour les plus chanceux, à quelques heures de TGV pour les moins chanceux. Moins cher qu’un aller retour pour Nouillorc !
En revanche, on attendait certainement beaucoup trop de ces deux expos et vous avez ce qu’on dit lorsqu’on en attend trop, on est toujours déçu.
A la hauteur de l’institution qu’est le MoMa on s’attendait à un peu plus.

Déjà parce que le fil conducteur de l’expo, le Musée de la 53ème rue ne cesse de nous coller aux basques. Alors oui l’expo s’appelle être moderne le MoMa à Paris mais n’oublions pas l’élément d’attaque du titre, « être moderne ». Comme si c’était une injonction, on nous promet quelque chose de révolutionnaire. L’exposition ne nous semble pas répondre à cette exigence. En voulant retracer l’histoire du musée et de ses collections et conserver le principe d’une ascension, on perd en audace, et le MoMa c’est ça, qu’on le veuille ou non. Le musée d’Art moderne de New York, c’est avant tout un art hyper-réactif à son environnement d’aujourd’hui, d’hier soir, de l’année dernière et là, bah ce n’est pas tout de suite ce qui saute aux yeux.

On attendait du lourd, et parfois même les œuvres les plus récentes et « aventureuses » sont mal retranscrites ici, à Paname. C’est le cas de l’œuvre de Lele Saveri The Newsstand à l’origine exposée dans la station de métro Lorimer Street, à Brooklyn. Une œuvre en forme de kiosque à journaux vendant exclusivement de la presse indépendante new-yorkaise, et qui se veut être également une exposition à elle toute seule, intitulée Commuters , en proposant des photos de passants dans le subway new yorkais ! La Fondation voulait bien faire, en mettant en place durant des nocturnes des sortes de « happening » à l’intérieur du kiosque à journaux avec des concerts. Dommage, on perd l’âme du délire. On a une sorte d’impression d’attraction made in Disneyland avec des facsimilés.

Autre chose à souligner, le MoMa a souvent fait l’objet de controverse régulièrement dénoncé pour sa conception étroite de l’art moderne : une affaire d’hommes blancs, autant que possible indifférents aux luttes politiques et sociales. L’exposition qui se tient aujourd’hui dans l’écrin de Frank Gehry honore aussi bien femmes, hommes blancs ou noirs. Néanmoins, souvent critiqué pour ne pas mettre assez en avant des artistes étrangers, cette célébration du MoMa ne se délivre pas de ce reproche et ça, ce n’est pas très contemporain !

Dernier reproche et pourtant celui qui saute aux yeux directement lorsqu’on débute l’exposition : une scénographie pas époustouflante. Un comble pour une exposition d’une telle envergure !
Enfin, l’expo du musée Maillol n’est pas exempt de critiques. Malheureusement l’établissement, trop petit, nous laisse sur notre faim avec bien trop peu d’œuvres présentées. 4 Lichtenstein, 4 Warhol, il n’y a qu’eux dans la vie mais pour une expo sur le pop art c’est light !

A l’entrée on s’attend à quelques chose de formidable la scénographie est pas mal et après ça s’essouffle : c’est vraiment dommage !
Le fil conducteur, l’humour et l’ironie est parfait car il permet de soutenir l’essence même du courant : détourner successivement les objets de tous les jours et les images iconiques de la culture populaire afin de s’éloigner des courants plus traditionnels.

Mais pour autant, on manque cruellement ce sont des précisions sur les techniques bien propres et particulières au Pop Art comme le collage et l’assemblage déjà présentes chez les cubistes et les surréalistes. Si l’emprunt aux images et objets de la vie quotidienne et de la société de consommation est la caractéristique qui rassemble les artistes du Pop Art, la diversité des styles est grande et cela ne ressort pas franchement de l’exposition.

Ces deux expositions, on l’aura compris sont IMMANQUABLES.

Mais pour briller en société, ou simplement se la raconter auprès de la zouz que tu as choisi d’embarquer en date culturation, prenez un peu de recul et ayez l’esprit critique !
On y va tôt le matin, ou tard l’après-midi !
On évite le week-end et on ne se fait pas carotte par le billet coupe-file !
On prend un audio guide car ton livre de chevet c’est plutôt Tom Tom et Nana que Gombrich.

Etre moderne, le MoMa à Paris jusqu’au 5 mars 2018 à la Fondation Louis Vuitton.
POP ART Icons that matter jusqu’au 21 janvier 2018 au musée Maillol.

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