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Cela fait un moment que l’on suit le parcours du duo de djs et producteurs house/tech house Brenn et César du côté de La Frasque. Ces deux inséparables frères n’ont en effet depuis quelques années cessé d’écumer les clubs les plus côtés de la capitale (Showcase, Badaboum, 6B et tous les autres) tout en nous gratifiant de tracks alliant à la fois groove imparable et noirceur mélancolique. Leur talent éclatait il y a deux ans avec ‘BVLGARI’ et son beau clip qui rappelait avec nostalgie nos années skate du collège.

Depuis, le duo s’est s’envolé pour… New York, avec l’ambition à peine voilée de s’installer durablement au sein de la scène house locale. « Dream Bigger », comme dirait Nasser. Depuis la Grande Pomme, Brenn et César ont sorti la semaine dernière leur dernier morceau, ‘Rock the boat’, un bel hommage au titre mythique de la regrettée Aaliyah, morte il y a 15 ans.

Ce remix surprend de par sa production froide, caractéristique du style des deux frères, cette fois-ci mélangée au vocal très sensuel de la chanteuse. L’occasion parfaite pour une petite discussion à distance. Here we go!

Après vous être faits un nom sur la scène house parisienne et mixé dans de nombreux clubs de la capitale, vous avez tout deux pris le parti de décoller pour New York. Pourquoi ce pari ?

Brenn : notre arrivée à NYC s’est faite en deux temps. Je suis arrivé en premier il y a un an et demi maintenant, César est arrivé il y a 6 mois. Ce choix a été motivé par plusieurs raisons. La première étant que je n’avais jamais vécu autre part que Paris, j’avais besoin de voir un peu plus loin que le periph’, rencontrer de nouvelles personnes, changer de rythme, etc. Conscient que la scène est en pleine expansion ici à NYC, je voulais profiter de cette opportunité pour nous permettre d’étendre nos horizons musicaux et professionnels.

César : une fois Brenn parti, c’était plus la même, que ce soit pour le booking ou même le quotidien. Je suis parti le voir un mois l’été dernier et ca m’a vraiment plu. Du coup j’ai tout fait pour le retrouver et continuer ici ce qu’on a commencé à Paris. Aujourd’hui je ne regrette pas notre choix.

C’est quoi votre meilleure anecdote depuis que vous êtes arrivés à la Big Apple ? La chose la plus improbable qui vous soit arrivée ?

B : je me suis fait battre au jeu H.O.R.S.E en skate par un flic de la NYPD qui m’a provoqué en passant dans la rue. Le mec m’a achevé fanny sur un nollie 3-6 Flip. #onlyinamerica
C : trop d’anecdotes pour en sortir qu’une seule. Le métro ici c’est la Cour des miracles, tu vois tout et n’importe quoi.

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Brothers in the mix

Comment percevez-vous la scène house New Yorkaise ? Qu’est-ce que les gens aiment écouter ici ?

B : la scène électronique New Yorkaise est en pleine explosion. La population est tout aussi mixte et diverse qu’à Paris. Des events plus stylés les uns que les autres ont pop tout l’été que ce soit sur des rooftops, des bateaux en croisière sur l’Hudson, ou dans les innombrables warehouse dans Bushwick.

C : niveau son, la musique est soit beaucoup plus vocale, soit plus acide. Mais globalement tu seras pas dépaysé en venant ici. La musique est bonne et il y en a pour tous les goûts.

Quel est votre fonctionnement lors de vos dj sets ? Est-ce du pur b2b, ou au contraire vous disposez de plus de liberté ?

B : nos sets n’ont pas tant changé par rapport à ce qu’on faisait à Paris.
C : on joue toujours notre Dj set hybride : plutôt qu’un b2b pur et simple, on se laisse souvent un peu plus de temps chacun pendant que l’autre s’amuse avec les effets que l’on envoie depuis Ableton via les pistes de sends et retours.

En écoutant vos prods, on sent votre attirance pour une deep house assez mélancolique (presque sombre) mais toujours groovy. Vous reconnaissez-vous en ces termes ?

B : tout à fait, et j’aime bien cette description ! On essaie toujours de susciter de l’émotion via nos mélodies et harmonies tout en restant fidèle au son club et les codes de la techno.

C : on a beaucoup de tracks techno qu’on aimerait sortir cette année à l’image de ‘A night in Brussels’ sorti sur Magie Noire records l’été dernier. Donc attendez vous à des choses un peu plus énervées dans les prochains mois…

Votre dernière release est un hommage à la grande Aaliyah. Comment le rn’b et le hip hop influencent-ils votre manière de mixer et de produire de la musique ?

C : on a toujours été des éponges musicalement, nous nourrissant de tout ce qui passe à proximité, hip-hop et R’n’B y compris.
B : le fait de vivre aux US où le hip-hop est largement majoritaire dans tous les médias a son importance sur nos goûts et choix. Apres en terme de production, on reste fidèle à notre méthode, pas de révolution majeure.

Remixes prévus ?

C : ce track est deja un remix donc je pense qu’on va en rester là (rires) ! Sinon, le but de cette sortie était surtout de se faire plaisir, tout en donnant à ceux qui nous suivent un petit track sexy pour l’été indien qui s’annonce.

Quels sont vos killer tracks du moment ?

B : Bodhi – Haute
wAFF – Ibiza
Christian Nielsen – I don’t beg

C : Felix Krocher – Catena (Wigbert remix)
Floorplan – Hmmm mm mmm
Audiojack – Vibrate

Vos derniers coups de coeur en termes de morceaux/dj sets?

B : j’écoute en boucle cet Ep de Voyeur et ses deux tracks housy ‘Why’ et ‘Don’t Lie To Me’. Niveau dj sets je m’éduque tous les jours aux podcasts de Lolo Garnier ‘It is what it is’.
Sinon j’écoute Future et PNL en boucle (rires).

Quel est le festival/club que vous n’avez pas encore ​joué et qui vous fait le plus envie ?

B : Panorama à NYC.
C : le Weather à Paris restent le plus gros objectif dans le viseur en ce qui me concerne.

Quelles sont les next steps pour vous deux ?

B : signer un ep sur un label majeur New-Yorkais cette année.
C : sinon continuer notre boulot de DA et résidents des soirées Lastlight. On a notre deuxième édition sur le rooftop de l’Output le 8 septembre prochain, afin de s’imposer comme les ambassadeurs de la scène parisienne ici et booker tous nos DJs parisiens préférés de passage ici.

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Pour terminer, petite question à la con. Vous êtes frères, vous êtes métisses, vous faites de la house, vous êtes à New York : on ne vous compare pas trop aux Martinez Brothers ici ?

C : Si, si et ca nous dérange pas au contraire ! On nous comparait deja à eux en France. Ça donne un objectif à atteindre en quelque sorte, même si musicalement on fait pas exactement la même chose, c’est toujours flatteur.

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