JR

« DECADE. Portrait d’une génération » ou la dernière apparition de JR à la Galerie Perrotin. C’est comme l’annonce de l’expo où il faut que tu ailles, que tu apprécies l’art ou non, c’est de bon ton. C’est comme Jeff Koons au Centre Pompidou, Larry Clark au Musée D’art Moderne ou l’ouverture du Burger King à Paris, il fallait que t’y passes…

Sinon, c’est l’occasion de revenir sur les dix dernières années du travail de l’un des plus gros talent français du moment, JR, cocoricoooo ! Cependant ne vous attendez pas à une installation sur ses travaux de Face to Face (2002) à Inside Out Project (2011), ici, c’est comme s’il s’agissait de boucler une boucle en télescopant les thèmes de son premier et dernier projets, les Bosquets et le ballet.

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Dans cette exposition « de bon ton » on retrouve donc des photographies de ces immenses grimaces d’anonymes habillant les murs d’immeubles en démolition, des danseuses classiques dans un décor vaporeux de la cité des Bosquets, et des installations d’encres sur bois. Des images puissantes, impressionnantes, délicates et nostalgiques. Le mec a fait le taf.

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Mais le gros intérêt de l’expo réside selon nous, dans la présentation de deux oeuvres filmiques.

La première n’est autre que le troisième film de l’homme au chapeau et lunettes noires (Women are heroes, Inside out The Movie), « Les Bosquets », fiction chorégraphique somptueuse qui s’inspire des émeutes Françaises de 2005.

La seconde est un expérience à base de séquences du film, dans un espace qui nous plonge en immersion totale dans les dédales de ce qui a été autrefois un lieu de vies; on se perd au milieu des jeunes émeutiers qui affluent comme une vague dans un même mouvement; on est désorienté par les vues vertigineuses de ce cadre urbain. Renversant et surprenant encore une fois. 

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A travers cette exposition, outre le talent photographique propre à JR, on peut voir comme un appel au cinéma de la part de l’artiste. En effet, les oeuvres vidéo sont tellement fortes, qu’elles relaieraient presque le travail photographique à celui d’un photographe de plateau, captant les profondes images de l’oeuvre en mouvement.

DECADE. Portrait d’une génération n’est pas la rétrospective des ses dix dernières années, mais l’exposition de l’évolution de son travail. Des portraits d’anonymes collés sur des murs de cité à la mise en scène et la réalisation d’une fiction chorégraphiée, ses images se réinventent selon les supports. Sur un ton plus esthétique qu’engagé, un déni des limites toujours présent, le street artiste des débuts tourne une page pour laisser place à de nouveaux projets encore plus fous (en sachant que sort bientôt ELLIS, starring Robert De Niro rien que ça, et réalisé par JR himself) ?

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Bref, tout ça pour dire aux procrastinateurs qu’il ne vous reste plus qu’un jour pour apprécier  le travail de cet artiste protéiforme ! Jusqu’ à demain de 11h à 19h à la galerie Perrotin (et c’est gratuit pour les crevards).

Retrouvez l’ensemble du travail de JR sur le site Artsy.

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Written by Laurent Mazarin
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