Du vendredi 21 avril au dimanche 23 avril, La Frasque a eu le plaisir de couvrir le Printemps de Bourges. Un des festivals les plus importants de France, tant pour sa pérennité – puisque l’on fêtait déjà la 41ème édition de l’événement – que pour son ampleur locale : pendant quasiment une semaine l’ensemble de la ville et de ses alentours vit au rythme du festival.
Un weekend festif au cours duquel des grands noms de la musique côtoient les découvertes de demain dans les 8 salles mobilisées pour l’occasion. On a fait le voyage (et on ne l’a pas fait pour rien, pour citer les plus beaufs des commentateurs sportifs) pour les trois derniers jours du Printemps : on vous raconte ce périple parsemé de musique, de musique et encore de musique…

JOUR 1

Démarrage 8h30, un passage pas si express par Aubervilliers pour récupérer le matos de production manquant (et deux cartons d’Heineken). Une arrivée espérée à 11h30 (naïf) sur Bourges qui se fera finalement à 14h30, on aurait dû tout de suite le comprendre. À Bourges, notre sport favori fut de courir après le temps qui passe vite, trop vite pour faire tout ce qu’il y a à faire et voir tout ce que l’on voudrait voir.

Il est 15h quand on récupère finalement nos accréditations et qu’on se prepare pour notre première interview avec le groupe Alltta, duo rap-électro composé de 20syl & Mr Meideiros (retrouvez d’ailleurs ici le live report de leur recent concert à l’Élysée Montmartre en mars dernier). L’interview se déroule très bien, on découvre deux artistes ouverts à la discussion, sûrs d’eux, complices et souriants, dans un environnement idyllique : plein soleil, sur l’herbe et au bord d’une rivière. Ça nous change du vacarme parisien incessant. On parle musique, influence et de beaucoup d’autres choses que vous pourrez découvrir très bientôt. Il nous restait alors quelques heures pour installer nos quartiers avant de pouvoir découvrir les premiers concerts du soir.

Le temps de dérusher l’interview et retoucher les premières photos autour de quelques bières à l’hôtel, on est déjà imprégné de cette atmosphère conviviale et tellement particulière que dégage Bourges en cette période. On se dirigera finalement sur les lieux du festival avec un certain retard sur le timing espéré pour profiter des concerts du soir.

Les premières notes d’un concert se font entendre de loin et on reconnait l’artiste live au passage des premiers contrôles pour accéder au festival. Des notes singulières, un beat perfide et une vocal des années 50. Pas de doute nos premiers pas dans le Printemps de Bourges se sont bien fait sur le monstrueux Que Sera du très bon Wax Tailor. Après avoir profité du moment, on quitte la salle du W pour rejoindre l’autre salle majeure du Printemps dans lequel allait se produire l’artiste que nous attendions tous. Cinq heures seulement après les avoir rencontrés, on se retrouve de nouveau face à Alltta, cette fois-ci sur la scène du Palais d’Auron et avec pas moins de 2000 personnes à nos côtés.

Et le résultat fut encore une fois à la hauteur de nos meilleures attentes, avec un concert d’une lourdeur indescriptible. Mr Meideiros de son mètre soixante bien tassé dévore les 30m de scène à sa disposition en délivrant son flow compact, mais ô combien doux et musical sur les prods. du maestro 20syl. Ce dernier nous fait même revivre par petite touche sa période Hocus Pocus et fait chavirer les connaisseurs. Ce premier concert complet nous met dans le bain pour une soirée qui s’annonce en tout point mémorable.

Il est déjà 00h quand le concert d’AllttA se finit. En attendant l’avant dernier groupe de la soirée : Deluxe, on décide d’assister à la deuxième partie du concert de Fakear, qui comme à son habitude, transcende le public grâce à des mélodies sauvages et évasives.

C’est à 00h30 que le groupe composé de 6 musiciens commence le show. Ce nom ne vous dit peut-être rien, mais il est très probable que vous ayez déjà entendu quelques uns de leurs tubes à la radio comme Pony. Sans trop savoir à quoi s’attendre, Deluxe commence son show. Dès la première chanson, nous sentons qu’une chaleur frénétique est en train de prendre place dans le W.  Deluxe et les 12 000 acolytes présentes dans la salle ce soir-là trouvent une complicité sans gêne. C’est en jetant quelques regards autour de nous qu’on constate que tout le monde se laisse bercer par les morceaux très rythmés proposés par les artistes ! Entre un saxophoniste chaud comme jamais et une chanteuse qui entonne des refrains effrénés, on peut dire que l’ambiance est à son comble. On reste également très admiratifs devant la scénographie qui se marrie parfaitement avec la musique de Deluxe.

À 1h30, le show prend fin. Transpirante, la foule s’éparpille, certains décident de rejoindre le Palais d’Auron pour savourer les derniers instants de Panda Dub, quand d’autres, comme nous, restent au W afin d’attendre le dernier artiste de la soirée : Feder. Après 30 min d’attente et de fatigue, on apprendra qu’un incendie en loge ne permettra pas à Feder de conclure cette soirée incroyable. On décide donc de rentrer après un très bref passage par l’espace presse où la fête bat encore son plein. Tentés de rester encore un peu, la fatigue nous ramène à la raison, il est l’heure d’aller dormir car demain, une journée toute aussi excitante que celle d’aujourd’hui nous attend.


JOUR 2

Malgré une journée et une nuit bien chargées, la fatigue ne se fait toujours pas ressentir. Et on a beau avoir une bonne semaine de boulot dans les pattes, tout le monde est levé à 11h avec l’esprit encore émerveillé par la soirée de la veille. Après une petite clope au soleil (il fait toujours aussi beau) dans la cour de l’hôtel – où l’on croisera des pontes d’Universal nous prenant pour des personnes du label (on ne niera pas, en bons escrocs) -, on engloutit un mauvais tartare dans l’attrape-touristes de la place principale et on repart à l’assaut du festival.

Première déconvenue après le check du planning du jour : nous n’aurons pas la chance d’interviewer Recondite et Bon Entendeur. Qu’à cela ne tienne, la merveilleuse équipe presse (merci Florian & Elodie) du Printemps nous a booké des entretiens inopinés avec Leska et Kid Francescoli. Branle-bas de combat : calés à trois dans la cour de l’hôtel, on plie l’écriture de la première interview en une heure.

Arrivés au Point Presse, on termine de recharger les batteries des caméras (le gros flip du w-e) avant de débuter notre interview avec Leska. Les deux compères (Les Gordon et Douchka) sont aussi avenants et cools que le duo d’Alltta recontré la veille. Malgré une courte nuit – car étant arrivés sur place à 3h du matin et réveillés à 8h pour faire les balances – le duo est en pleine forme et la discussion est très animée. On tchatche musique (encore et toujours), processus de composition et on ira même les taquiner en leur demandant quels sont les petits surnoms secrets et honteux qu’ils se donnent sur la route !

Pas le temps de badiner, on enchaine immédiatement avec l’écriture de notre dernière interview avec le très talentueux Kid Francescoli. Une fois le boulot terminé, on s’attelle à la réalisation de ce qui s’avérera clairement être l’idée la plus foireuse du week-end. Sortie tout droite du cerveau un poil barré de notre Directeur Artistique, on veut recouvrir le ballon officiel du festival (un oiseau, ça ne s’invente pas) de nos stickers pour faire quelques jolis plans dans les airs avec. Après y avoir passé une bon quart d’heure et dilapidé une grosse partie de notre réserve d’autocollants, on lance le ballon en l’air, tous fiers… mais ce dernier s’échoue lamentablement sur le sol. Aucun de nous quatre n’avait anticipé le fait que le ballon, lesté d’une bonne centaine de stickers, ne pourrait plus s’envoler. La Frasque dans toute sa splendeur !

On retrouve Leska à 17h30, mais en concert cette fois, dans le cadre des Inouïs de Bourges – la scène réservée aux jeunes talents et découvertes. Un passage court (30 minutes) mais très intense, le duo est en osmose avec un public jeune et qui semble n’être venu que pour eux. On retiendra une ouverture magistrale sur I got you et un Welcome to Mandela en transe. La maîtrise musicale des deux amis est impressionnante.

Il est 18h30 quand on prévient le manager de Kid Francescoli qu’on souhaite profiter du soleil et faire l’interview en extérieur au bord de la rivière. L’artiste débarque à 19h15, et – surprise !- accompagné de Julia avec qui il chante en duo beaucoup de ses morceaux. L’interview se déroule bien, on est surpris de la douceur du Kid qui fait preuve d’une vraie gentillesse malgré la fatigue d’une journée de promo, et nous susurre de son accent marseillais ses réponses. 19h30, interview terminée, on rentre à l’hôtel, prêt à profiter de notre dernière soirée au Festival

Après avoir dégommé un plat de pâtes et une bouteille de Saint-James, on est de retour au magnifique Palais d’Auron pour le set du crew parisien Bon Entendeur. Comme à leur habitude, la sélection est aux petits oignons, mais on est un brin déçu d’être à peu près certains que leur set ait été pré-enregistré. Les transitions sont beaucoup trop nettes, et le duo mixe sur deux tables différentes, à deux mètres l’un de l’autre… Quoiqu’il en soit, leur passage est cliniquement travaillé, la foule danse avec entrain et les deux Djs se permettent même de passer Funky town (Lipss Inc) en plein peak time. Jouissif.

23h55, Kid Francescoli débarque sur la scène du 22 Est accompagné de sa belle. Le temps d’une heure, on est en lévitation, transporté par la beauté de la musique jouée devant nous. D’une rare élégance, le duo joue ses meilleurs morceaux (mention spéciale à Blow up) sans artifice et Julia esquisse quelques pas de danse sur un morceau personnel. On sort de cette prestation comblés et envoutés.

Sans transition, on enchaine avec la techno massive et lourde des Italiens de Mind Against puis du Berlinois Recondite. Scénographie minimale et rythmes découpeurs au programme, le public en redemande et nous aussi. Deux heures de pur bonheur, avant de terminer la soirée sur un set très bien ficelé de Mr Oizo, dont le talent lui permet le luxe de passer de I like to move it move it à Harder, Better, Faster, Stronger des Daft sans aucune faute de goût à dénoter. La scène du W est parfaitement adaptée à la musique jouée par le Dj de Ed Banger, et les effets de lumière renforcent la puissance de son set.

On termine la soirée à l’Espace Presse pour faire la fête avec nos congénères déchainés. Quelques pas de danse sur des vieux tubes et on rentre à l’hôtel épuisé mais vraiment heureux.

Bravo aux organisateurs pour cette nouvelle édition menée d’une main de maître, et merci à la ville pour l’esprit festif qu’elle insuffle à cet événement. On a déjà hâte de revenir.

Ecrit par Antoine Morelle, Yvan Palma et Anatole Persuy

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Written by Anatole Persuy
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