La Frasque a eu le plaisir de passer trois jours au festival Solidays du 23 au 25 juin du côté de l’hippodrome de Longchamps.
Récit de trois jours où l’on aura navigué entre gros concerts, intervention publique, rencontres d’artistes, rencontre de fonsdés, et une course effrénée à la Marty McFly contre le temps et le sommeil. On vous raconte (presque) tout.

Après une semaine plus que chargée, nous nous retrouvons le vendredi et rejoignons à grands pas le site pour profiter des concerts de fin d’après-midi. Une fois n’est pas coutume, la ponctualité n’est clairement pas le maître mot des membres de notre équipe.

Après de nombreux détours impromptus par manque de connaissance du lieu (non, en fait surtout parce qu’on a oublié le plan d’accès envoyé préalablement par l’équipe du festival – bah ouais morray, non seulement en retard mais aussi idiot !), on finit par arriver à l’entrée technique pour récupérer nos accréditations. Guidé par la musique que l’on entend au loin, on ne suit plus les panneaux, et ce qui devait arriver arriva : on se fait stopper de manière virile par un gorille de la sécu nous demandant naturellement ce qu’on fout là. Sûr de nous, on lui montre fièrement nos bracelets avec une posture de branleurs décontractés : le gars nous arrête net. Nous étions de fait en train d’accéder par l’arrière à une des scènes alors que Gaël Faye terminait son concert… Encore quelques mètres et on faisait notre entrée à Solidays sur la grande scène devant des milliers de personnes. Ça commence très fort, façon La Frasque.

Alors qu’on se rapproche enfin de notre premier concert, les douces notes de reggae des Toots & the Maytals bercent nos oreilles. Les anciens sont toujours au top, bientôt 20 ans qu’ils trainent leur vibe de concerts en festivals avec une énergie toujours aussi forte. Respect.

La suite est au niveau avec une mention toute particulière pour Georgio qu’on découvre pour la première fois en live. Le rappeur se fait clairement plaisir en retournant la scène du Dôme avec son style bien à lui, fait de textes vifs et sonorités rock. On aura le droit à une petite transition plus électro avec Wax Taylor qui vient comme d’habitude enchainer ses tubes de manière chirurgicale. Le public est logiquement conquis.

Après trois premiers concerts d’exception, Mac Miller ne nous laisse pas le temps redescendre et enchaine avec un show à la hauteur des attentes du public qui s’était donné rendez-vous en masse pour découvrir le lutin roukmoute de Pittsburgh. La star passe la seconde en alternant morceaux physiques et détendus, sans jamais baisser de régime. Jouissif.


C’est alors que le réel problème propre à tout festival se révèle : trouver une solution pour rester hydraté, sans rater les concerts. Partant du principe que la bière contient 70* d’eau, on se tourne naturellement vers Heineken, brasseur partenaire de l’évènement et qui a vu les choses en grand avec deux énormes chapiteaux, une beer factory proposant de nombreuses bières différentes (H71, Lagunitas, Mort subite…) et un bar Desparados avec vue imprenable sur la scène Paris. Grands amateurs de houblon chez La Frasque, on apprécie.

C’est justement sur la scène Paris qu’on aura le loisir de terminer notre soirée accompagnée par le groupe Prodigy venu mettre une claque au public avec sa techno culte. On aurait bien aimé entendre un petit Voodoo People, mais on leur pardonne. Résultat des courses, ce premier jour fut un parfait préliminaire pour les deux qui suivront.

La journée de samedi était particulièrement attendue par les festivaliers qui avaient fait le déplacement en nombre vers le bois de Boulogne. Par rapport à la veille les allées regorgent de monde et cette bonne vieille mission de merde qu’est garder son groupe au complet de scène en scène devient impossible.

Pour autant, l’ambiance est très peace. Des vieux, des jeunes et beaucoup de sourires. Mention particulière à la population massivement jeune qui était très certainement en train de vivre son premier festival.

Et ça tombe bien, le festival avait tout prévu avec la fameuse color party qui voit les festivaliers se lancer une poudre colorée qui ne les quittera plus de soirée – un très bon repère de mineures pour tous les pointeurs (La Fouine si tu nous entends). De notre côté, le mélange des couleurs c’est joli, en revanche pas question de se faire niquer le matos par cette foutue poudre. On se met donc à l’écart pour éviter de se faire pourrir et ressembler à un groupe grimlins multicolore.

Sauf qu’on avait oublié le facteur vent. Résultat, en une poignée de seconde un épais nuage marron se dirige vers nous. On embarque alors les caméras sous le bras et tente de trouver un refuge derrière une barrière en attendant que le nuage de Tchenobyl disparaisse. Et oui, on est de parfois de belles toutounes quand il s’agit de protéger le matériel vidéo.

On reçoit alors un texto d’un de nos potes partis en guerre pour faire du saut à l’élastique. Après avoir attendu 3 heures et piétiné entre des barrières en fer, il capte notre regard et on sent la détresse se transformer en amour. On le voit enfin s’élancer à 30métres du vide pour quelques secondes de légèreté. Très honnêtement, ça reste un vrai bonheur de se foutre des gens qui réalisent une fois à 50m du sol que sauter à l’élastique c’est idiot.

La suite fut loin d’être légère, avec un enchainement de concerts de grande qualité avec Ibrahim Maalouf, Isaac Delusion, Archive, Birdy Nam Nam… Un des membres de l’équipe nous lache pour aller voir Killason (d’après le report, il a apprécié) et la soirée se conclut par le sublime live de Clément Bazin qui à l’aide de son steeldrums nous transporte dans un univers parallèle. On avait rencontré ce denier quelques heures plus tôt, et si on était déjà conquis par sa musique, on apprécie encore plus la personne.

La soirée s’est terminée tard, très tard, peut-être trop tard pour tout ce qu’il y avait à faire le lendemain.

Dimanche et dernier jour du festival, démarrage très, très poussif (ça a beau être un festival jeune et familial, on se met un tarif solide depuis le début). Après seulement quelques heures de sommeil, on retrouve l’hippodrome de Longchamp qui commence lui aussi à accuser le coup. On est accueilli par l’équipe presse / promo et leur large sourire même si les cernes se sont intensifiées au fil des jours (Victoria & Elodie <3).

Notre première étape sera l’interview de The geek x VRV et plus précisément VRV qui se présentera donc seul. On découvre une personne sans prise de tête qui nous accordera une quinzaine de minutes pour aborder le groupe, sa musique, ses projets.

Après un passage obligé par le derushage et le stand de frites local, on retrouvera le chemin des concerts avec justement the Geek x VRV qui enverra du très lourd pendant une heure. Accompagné de trois musiciens en live, le groupe nous fait rentrer dans un si doux voyage naviguant entre hip-hop, soul & electro. Flatbush zombies reprendra le flambeau et envoutera littéralement la scène du Domino avec son hip-hop énergique et disruptif.


On enchainera sur du rap français avec l’ovni Vald qui à coup de gros tracks bien connus fera bondir tous les adolescents qui n’attendaient que ça pour se pogoter dessus. Le professeur de l’autotune fera monter la sauce jusqu’à l’apothéose et l’arrivée de Fianso pour la fameux 93 empire accompagnés de Kalash Criminel. Le public repartira de ce concert comblé et prêt à en découdre pour la suite.

La suite se fera avec deux concerts très différents mais au combien euphorisant, d’abord Diplo qui lâchera un set d’une heure qui commence fort amis malheureusement redescend quelque peu sur le final. Qu’importe le public était entièrement acquis à sa cause grâce une scénographie particulièrement efficace.

Le clou du spectacle se fera avec M qui viendra présenter son dernier album Lamomali  avec des musiciens de grande qualité et la présence oh combien apprécié du maître Oxmo. Les premières notes de kora font frémir les festivaliers qui avaient décidé de rester jusqu’au bout et de pas en perdre une miette. Bien leur a pris, le temps d’une heure, on est en lévitation, transporté par la beauté de la musique jouée devant nous. Ça parait simple, et pourtant c’est brillant et bouleversant ?

Complètement au bout du rouleau, le spleen du dimanche soir se fait ressentir, et pourtant on n’a pas envie que cela s’arrête. Vivement 2018.

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Written by Anatole Persuy
Demain rêve général