Ce jeudi 16 novembre, j’ai pu assister au concert de Kid Francescoli au Trianon, mythique salle de concert à Paris qui se trouve en plein Pigalle. “KF”, comme je les appellerai tout le long de l’article, est un groupe qu’on a eu le plaisir d’interviewer et de voir sur scène au Printemps de Bourges en avril dernier.

Avant toute chose, un bref rappel s’impose. KF, c’est le projet musical lancé dans les années 2000 par Mathieu Hocine. Comme tout bon marseillais qui se respecte, Mathieu est fan de football, c’est pourquoi il donne le nom de “Kid Francescoli” à son groupe en hommage à Enzo Francescoli, grand joueur uruguayen ayant marqué l’histoire de l’OM.  À l’époque, le groupe était composé de 4 musiciens dont Mathieu et Laetitia à la voix.  Après la sortie d’un album éponyme en 2006, Mathieu fait la rencontre de Julia, une chanteuse américaine originaire de Chicago, pendant un voyage à New York. C’est alors qu’une idylle amoureuse démarre entre la chanteuse et le musicien. Mais comme beaucoup d’aventures amoureuses aujourd’hui, l’histoire prend fin. Mais Mathieu propose à la principale intéressée de rejoindre son projet musical. Julia accepte, et leur entente artistique sonne donc le départ d’une nouvelle aventure musicale très electro-pop. Par la suite, un album naît avec le nom très explicite “With Julia” qui parle de leur rencontre, de leur histoire et de leur rupture notamment. Après Laeticia, Julia prend donc place dans le groupe / duo Kid Francescoli, au plus grand plaisir de Mathieu qui a toujours aimé faire chanter les filles et qui considère d’ailleurs leur voix comme un instrument à part-entière. Depuis quelques années maintenant, KF se produit partout en France et même à l’étranger.

Toujours en avance comme d’habitude, j’arrive à 20h40, histoire d’avoir le temps de prendre une bière au bar et d’admirer quelques instants la très belle salle du Trianon avant que le concert ne débute. La salle se remplit à vitesse Grand V, pas étonnant quand on sait que le concert du soir est annoncé complet depuis quelques jours, me diriez-vous.

C’est à 21h que le duo Mathieu Hocine / Julia Minkin apparaît sur scène accompagné de leur batteur devant une salle bondée de monde. Dès le premier morceau du concert Come Online, on comprend que ce groupe est  devenu ce qu’il est aujourd’hui grâce à deux raisons : la complémentarité parfaite qui existe entre l’américaine et le marseillais et le jeu des deux voix masculine et féminine qui se répondent admirablement pendant les chansons. Alternant les mélodies douces et les beats haletants, la foule se dandine, et morceau après morceau, l’ambiance ne cesse de s’élever, que ce soit dans la fosse ou en balcons. Je pense notamment aux singles  Les Vitrines et The Prayer, singularisés par des airs dansants et envoutants qui provoquent une excitation générale dans la salle. Mais dans toute cette agitation musicale,  je constate un contraste majeur entre la discrétion assez frappante de Mathieu Hocine qui assure pourtant avec brio la gestion de ses multiples instruments (sampler, synthé..) et la présence scénique de Julia qui n’hésite pas à se déplacer tout le long de la scène en dansant avec grâce. Puis en y réfléchissant bien, je me dis que les rôles sont bien répartis, et que tant esthétiquement que musicalement, l’affaire est convaincante. 

Ce mélange d’électronique et d’acoustique plonge petit à petit la salle dans une atmosphère enivrante et fascinante, très bien aidé par une scénographie des grands soirs qui se marie parfaitement avec les rythmes et les sonorités proposées par KF. À titre d’exemple, le morceau “Moon” reste l’un des moments les plus captivants de la soirée avec un début de morceau assez lent, mais qui s’accélère progressivement jusqu’à laisser place à une intensité musicale qui envoute la foule. Cela nous ferait presque tout oublier le temps d’un instant.


D’ailleurs, à chaque fin de morceau, Kid Francescoli a le droit à une standing ovation du public, Puis vient le morceau que j’attendais tant : « Blow Up ». Pour la petite anecdote, ce titre était clairement LA découverte musicale du Printemps de Bourges pour tous les mecs de la Frasque. Toujours avec cette même énergie, nos trois musiciens continuent de faire vibrer le public jusqu’à la fin du concert, même après la feinte classique pour un artiste sur scène qui est de rentrer en loge en faisant croire que le concert est fini et de revenir pour faire un ou deux derniers morceaux.

Ce concert était époustouflant, tant pour le show proposé avec des compositions électro-pop provenant de tous leurs albums mais également des exclusivités comme cette composition inédite faîte avec French 79, que pour ce petit moment de bonheur du jeudi soir qui nous permet à nous, parisiens, de nous évider de notre routine citadine et grisâtre. Enfin, c’est un plaisir de voir Kid Francescoli rencontrer le succès qu’il mérite, et je suis persuadé que ce n’est que le début du succès, surtout en vue de la prestation faîte jeudi soir.

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Written by Yvan Palma
Poète Zinda