Nous vous avons annoncé la venue des duos OY et Meteor sur la scène parisienne du Badaboum. C’était le 3 novembre, nous y sommes allées pour tester ce voyage musical. Voici notre ressenti.


La soirée commence, avec au platine IZEM, notre guest portugais. Mélange de samples cubains, afrobeat, portugais. Une rythmique dansante et agréable. IZEM amorce l’arrivée du premier groupe : Meteor.

Izem ©GLemniaï

Composé de Kala et Jedeon, le duo se met en place, entouré d’instruments en tous genres. Que le voyage musical commence ! L’entrée en matière est d’abord lente, mielleuse, au rythme d’un bâton de pluie et de « maracas» venues d’ailleurs. Les artistes prennent leurs marques, petit à petit. Le son décolle un peu plus à chaque piste lancée. Facile de remarquer que leur expérience sur scène est récente, le rapport au public est, un tantinet, timide. On a un peu l’impression qu’ils se cachent derrière un jeu de lumière. Pourtant, l’auditoire est là pour apporter son soutien, à base de sifflement et d’encouragements vocaux. 

Meteor ©GLemniaï

Kala et Jedeon sont multi-instrumentistes, ils passent d’un instrument à l’autre avec une facilité déconcertante. Kala, est plus axé batterie et chant, alors que Jedeon maintient le rythme grâce à son synthé magique, son mélodica, ses maracas et autres instruments à grains. Ils enchaînent leurs compo’ selon l’EP Adastra, l’ambiance monte crescendo. Les morceaux où Kala partage ses vocalises sont particulièrement appréciés par le public. Une voix « vocodée » qui fait son effet. Dommage qu’on ne l’entende pas plus. Le duo a choisie de laisser place au coté instrumental plutôt que vocal. Peut-être que leur second projet rassasiera ma faim de voix.

Le public est curieux, à l’écoute, puis doucement se met à dodeliner de la tête et trépigner des pieds, se laissant entraîner par le rythme. Personnellement, l’EP est bon, même très bon, cependant quelques progrès sont à faire niveau jeu de scène et rapport au public. Dans le but de rendre le duo plus vivant. Pour que la symbiose opère et que les talents soient davantage révélés. Car du talent, ils en sont full !

OY, c’est avant tout une installation scénique, un jeu de lumière réglé comme une montre suisse, des costumes et surtout un dialogue permanent avec le public. Le concept de Space-Opéra prend alors tout son sens : la théâtralisation du concert, additionnée au style très particulier de la prestation musicale et vocale, rend compte d’une folie amicale et envoûtante. Grâce à leur inspiration sortie des profondeurs de l’espace, qu’ils ont matérialisée en spectacle vivant, ils ont inventé un monde, dénommé « Space Diaspora ». 

OY ©Garance

OY ©GLemniaï

L’histoire qui file le spectacle est racontée, chantée, en anglais par Joy Frempong, la chanteuse, qui a tout de même fait l’effort, applaudi, de dialoguer en français avec le public. Son binôme, Lleluja-Ha, est un batteur hors norme, qui nous transporte par son rythme soutenu, qui ressemble parfois à une « chevauchée », comme dirait mon amie, Garance, photographe pour cette soirée. Une balade au gallo, effrénée, en direction de contrées lointaines et nouvelles. Ce monde dans lequel ils nous transportent est une « distorsion de notre univers terrien* », emprise aux troubles identitaires, aux conflits d’intérêts, à la peur d’autruis. Ils nous racontent une rencontre avec un peuple extraterrestre, sur une planète inconnue, « sur laquelle l’humanité prospère, après avoir enfin développé sa capacité à apprendre de ses propres erreurs.* »

* Source : Feuille de présentation – Irascible Music

Ils ont une présence scénique qui reflète une véritable habitude, et cela aide beaucoup le public à entrer dans leur univers. C’est une invitation, pour les plus frileux, les moins téméraires, vers leur monde. Du rock à l’électo-tribal, en passant par des rythmes très pop, mais aussi jazzy, ils ont une palette de style qu’ils abordent l’un après l’autre. Nous avons même eu droit à un chant semblable à un chant religieux. Tout y est. Y en a-t-il trop justement ? Je vous laisse en juger. Pour ma part, j’ai apprécié le show, la grandiloquence de l’initiative musicale et scénique. J’ai d’ailleurs préféré écouter cet album sur scène que sur un simple ampli. Le duo reste mystique du début à la fin. En revanche, il faut avouer que leur monde n’est pas toujours compréhensible, voir laisse un peu perplexe à certains moments. Mais c’est ce qui fait sont charme aussi, on ne peut pas plaire à tout le monde. En attendant, on reconnaît leur travail, et leur talent. Brillant.

Merci à GLemniaï pour les photos.
Merci à Redkip pour les retouches photos.

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Written by Manon Durand
MARCHE OU RÊVE.