Mi-décembre, on a eu la chance d’aller voir Tshegue au Hasard Ludique, l’ancienne station désaffectée sur la petite ceinture de Paris à deux pas de la Porte de Saint-Ouen.

Un melting-pot musical

Tshegue, c’est un duo composé de Nicolas Dacunha aka Dakou et Faty Sy  Savanet. Le percussionniste et la chanteuse d’origine congolaise ont su créer leur propre univers musical en mélangeant l’afro-beat, la pop, le rock et même l’électro. Mais Tshegue, c’est également une énergie et un métissage musical et culturel qui transcende les amateurs de bonne musique. Après quelques scènes en 2017, notamment aux festivals We Love Green et aux Transmusicales de Rennes, ce groupe experimental sort son premier EP « Survivor » en juin 2017.Très bien reçu par le public, cet EP ponctue l’ascension progressive du duo qui, je suis sûr, cassera les internets dans les prochaines années.


Le concert : Un zbeul !

Il y a deux semaines, le soir du concert, j’arrive sur les coups de 20h au Hasard Ludique. Je  profite de mon avance pour aller me chercher une pinte de bière, histoire d’être en forme pour le show du soir. À ma grande surprise, je découvre un lieu très sympathique qui domine les rails de la petite ceinture de Paris. Composé d’une salle de concert pouvant accueillir 200 à 300 personnes , d’un bar et même d’un restaurant. Je comprends mieux tout l’engouement suscité autour de ce lieu depuis quelques mois. L’endroit se remplit aussi vite que je descends mon godet. À 21h, le Hasard Ludique est pratiquement complet, pas étonnant quand on sait que le concert était sold-out depuis quelques jours.

Quelques minutes plus tard,  l’arrivée d’un boys band composé de quatre musiciens dont un tromboniste,  un corniste et deux trompettistes lance le début des hostilités. Nos quatre artistes surprennent la foule en reprenant en cœur des rythmes de fanfare. Le groupe en folie anime ce début de soirée totalement fou en jouant et en se baladant dans la foule, au plus grand plaisir des spectateurs présents. Avec cette entrée tonitruante, l’ambiance dans la salle se métamorphose. Quelques minutes plus tard, les cuivres laissent place à Tshegue, accompagné de plusieurs percussionnistes, d’un pianiste et de deux guitaristes pour continuer le show. Pour le premier morceau de la soirée, on notera la présence de deux joueurs de musique traditionnelle africaine. Je reconnais le style éclectique qui mélange culture africaine et française que j’avais découvert sur internet quelques semaines avant. Clairement, il me suffit de même pas 2 minutes pour que le groupe ne concrétise tous les espoirs que j’avais placé en lui. À mi-chemin entre l’afro-beat et le rock, cette musique entraînante gagne le cœur de toutes les personnes présentes dans la salle. Les rythmes exotiques guident la foule, personne ne peut rester impassible face à tant de joie musicale. Faty Sy Savanet, la chanteuse d’origine congolaise s’occupe de toute la partie vocale. Avec une énergie impressionnante, elle pose sa voix sur des rythmes africains qui dynamisent des airs beaucoup plus occidentaux. Le cocktail musical est parfait.

 

Tout le long du concert, le groupe variera son répertoire alternant l’afro-beat, le rock, l’électro et même de la musique aux fortes influences orientales. Mais on note aussi que la  disposition du groupe change à chaque morceau. Par exemple, les cuivres ne participeront qu’à deux morceaux, tout comme les musiciens africains, alors que certains morceaux ne concerneront que Dakou et Faty.  L’expérimentation musicale proposé par nos artistes du soir est époustouflante, rarement, j’avais pu voir un tel « zbeul » sur scène. Cela se traduit également par des chansons interprétées dans plusieurs langues que ce soit l’anglais, le français, le lingala ou d’autres dialectes africains.  Le public parisien, qui s’affirme clairement comme un public ouvert aux nouveautés musicales savoure cette pause du vendredi soir. Les sonorités enivrantes et les beats très dynamiques ne cessent d’enjailler la foule à chaque morceau. Pour tout vous dire, j’ai rarement vu un tel foutoir sur scène. Surtout lorsque Faty va jusqu’à inviter des spectateurs sur scène. J’ai même eu la chance d’échanger deux – trois pas avec Faty.

Clairement, si vous en avez l’occasion, allez voir Tshegue, je suis sûr que vous sortirez du concert admiratif, comme j’ai pu l’être. Pour information, ils partageront la scène de Polo & Pan le 20 janvier aux Nuits Fauves.

Big Up Tshegue.

Et Big Up Maman, car je t’aime.

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Written by Yvan Palma
Poète Zinda