On a déjà parlé plusieurs fois du boulot de Niwoz, un artiste touche à tout (à part les zouz de 20 piges fonsdé sous D). Il nous avait impressionné avec son projet : Le pêcher.

un pécheur sachant pêcher, avide de pêcher est un bon pêcheur. Mais un pêcheur avide de pécher sans aller pêcher est un mauvais pécheur.

Le monde de Niwoz s’invente depuis les abîmes, celle de son histoire, celle de son imaginaire.

Alice Durel dont le romain Go déboite, a écrit un texte sur lui qui en dit long :

Je suis à cet endroit. C’est une sorte de rue, en banlieue ou à la campagne. Un morceau de
goudron, trottoir régulier, pas trop large. Des pelouses graduées fondent les jeux en bois et le
toboggan. Devant la haie, une barrière porte paisiblement la boîte aux lettres. Dans la maison, un
coucou retentit. Ça grince un peu.
Je suis à cet endroit, rampe de bitume, murs graffés de toutes parts. Quelques mecs rident leurs
skateboards. Vague odeur de weed, une brise urbaine et les bourdonnements des roues fixent
l’ambiance.
Je suis à cet endroit, dans une salle de classe, au bord de la rupture. Il faut rester assis, bouger
un minimum, écouter les autres et assimiler les informations.
Je suis à cet endroit, sur le sofa dans le salon. Télé qui braille, je pète un cable, tends le bras
pour choper le bocal. J’avale le poisson rouge, ça chatouille trop, envie de vomir.
Je suis à cet endroit, c’est un atelier. Odeur de bois, cool. Et une foreuse incandescente.
Je suis à cet endroit : imagine la mer, souffle iodé — bière fraîche. Une évasion sur un bateau
en bois, je louvoie tranquille.
Je suis à cet endroit. Dehors ! Enfin.
Je suis à Tokyo en salle d’arcade, je suis sur la côte des Basques cuisses dans l’eau sur mon
surf, je suis sous un pont au canal Saint-Martin, en haut d’un phare à Capbreton, je zone à
Clermont-Ferrand.
Je rencontre l’enfance et l’art, les conneries et du talent. Une sculpture. Nuage d’étincelles jaillit
de l’acier inoxydable. Aluminium, titane, cuivre. On veut se brûler, recommencer ; que ça tombe,
que ça casse, recommencer. Scier le bois, douze treize vis, peindre le tout. Tenter un truc, le
disproportionner.
Je vois Simon, pas prise de tête, des anecdotes à raconter : un mélange de rêves, des fantasmes
de gamin, un vélo cadenassé pas loin. Envie de rigoler tout le temps, ça tient pas en place. Plus
tard ou plus tôt, un stylo noir en main devant la feuille blanche, il dessine. Un pote à capter,
demander un coup de main, boire un coup au bar. Ça construit, ça fulmine, c’est deterr. Ouais
ça change un prénom, ça rigole et aussi, ça s’acharne.
Je vois Simon, des fourmis dans les jambes, habités de plusieurs personnages, envie d’inventer.
À cet endroit, espace d’exposition, dedans/dehors : l’œuvre est finie. À cet endroit, il pose sa
pièce, rejoint ses potes, filme un peu, regarde le truc exister.
Je suis là, j’ouvre une bière. Patiemment, j’attends le prochain voyage.

Il a sorti un très beau site et on vous invite à le découvrir, vous pourrez y suivre tous ses projets.

https://www.niwoz.cool/

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Written by Ludovic Mazarin
Rudeboy.