Essays le premier EP de Furniss

À l’heure où de plus en plus de jeunes actifs quittent leurs boulots pour faire le tour du monde en sac à dos ou en mini van la folk s’impose de plus en plus. Telle une douce bande son de ce désir de liberté et de grand air, la folk conquiert le public francophone et européen. C’est cette liberté des grandes plaines que l’on retrouve dans la musique de Furniss colorée par ses voyages aux USA dont elle a su tirer la meilleure partie en revenant aux origines de cet immense pays qui invite au voyage.


À seulement 22ans Furniss sort son premier clip « Homecoming » extrait de son tout premier EP intitulé Essays 100% folk et nous transporte dans son univers sensible qui mélange son expérience au conservatoire et sa découverte de la culture musicale américaine à travers ses voyages répétitifs aux États-Unis.

Dès ses 14ans elle passera plus d’un an en échange dans une famille d’accueil de l’Ohio où elle crée un lien fort avec la culture américaine. « J’ai rencontré une famille d’accueil qui illustre typiquement le paradoxe américain, des cow boys aussi puritains que cultivés et paradoxalement très libéraux dans leurs façons de penser » . Sa mère d’accueil lui a offert sa première bonne guitare, c’est d’elle dont elle tirera une bonne partie de sa culture musicale folk, « Tout mon entourage était musical, j’ai baigné dans un cadre où la musique, particulièrement folk, était quasi-spirituellement ancré dans la vie quotidienne ». Plus tard, ses déménagements à New York et Seattle l’ont transportée dans les contrastes de la société américaine au coeur de laquelle elle développe son amour de la folk, et son projet musical naissant qu’elle transforme en EP intitulé ESSAYS, qui sortira courant 2018.


La Frasque : Comment t’es-tu mises à chanter ? 

Furniss – J’ai une formation classique de violoniste et je viens d’une famille de musiciens du coup je me considère avant tout comme musicienne plus que chanteuse. Mes parents sont passionnés de folk, j’ai toujours chanté pour accompagner les mélodies que je jouais mais j’ai mis pas mal de temps avant de me sentir légitime, de me penser chanteuse.

La Frasque : Comment s’est produit ton déclic ? 

Furniss – En 2016, J’ai vécu un an à Seattle qui est une ville bercée par la musique. La scène musicale est imposante là-bas. Beaucoup de groupes sont originaires de cette ville : Fleet Foxes, Jimmy Hendrix, Nirvana, Pearl Jam… Je me suis vite rendue compte que tout mon entourage jouait, soit en groupe soit en privé. J’ai eu la chance d’y rencontrer des musiciens originaires de San Diego qui sont très vite devenus des amis. C’est grâce à eux que le déclic s’est fait.

La Frasque : Comment s’est faite cette rencontre ? 

Furniss – Il y a une tradition de soirées organisées dans les maisons à Seattle dont une s’appelle la Salmon Town  qui organise une soirée tous les mois. Les colocataires sont triés sur le volet, pour leurs goûts musicaux uniques, leur motivation et leur sociabilité. Ils organisent leurs propres concerts et font venir des groupes locaux pour une entrée à 5$. Mac Demarco est un habitué de ces soirées/concerts, la reputation de Salmon Town commence à prendre de plus en plus d’ampleur.

La Frasque : C’est avec ce groupe de musiciens que tu vas enregistrer pour la première fois en studio, tu peux me raconter la genèse de cet épisode ?

Furniss – Mes amis avaient prévu d’aller en studio à San Diego et m’ont proposé de me joindre à eux car ils avaient besoin d’une voix. C’était ma première expérience en tant que chanteuse. C’était à la fois passionnant de découvrir l’enregistrement en studio et en même temps frustrant car je ne jouais ni ma musique ni d’instruments. J’ai été très impressionnée par les possibilités infinies du studio, et suis immédiatement tombée amoureuse de cet environnement.

L’amour de la narration sous toutes ses formes

La Frasque : Tu suis des études supérieures pour te diriger vers l’univers du cinéma, est ce que tes passions pour la musique et le cinéma sont liées ? 

Furniss – Absolument, pour moi cinéma et musique sont indissociables. Les deux racontent une histoire, et en cela les paroles d’une chanson sont aussi importantes que des dialogues dans un film. Je ne me détacherai jamais de mon amour pour la narration, qu’elle que soit sa forme.

Enregistrer à Paris, printemps 2017 

La Frasque : À ton retour des Etats-Unis tu te mets à écrire des chansons et tu entre assez rapidement en studio , comment ça s’est déroulé ? 

Furniss – Je me suis forcée à écrire, à me faire confiance. Je m’étais donnée comme objectif deux titres, ce qui a donné « Homecoming » et « Proud Little Love ». Au début je n’avais pas en tête de sortir un EP, les autres titres sont venus progressivement.

Mes premiers enregistrements se sont faits dans un cadre extrêmement privilégié. J’ai eu la chance de rencontrer Jean Thévenin (Jaune) qui est membre de Frànçois and The Atlas Mountains et qui est propriétaire du Tropicalia Studio avec le compositeur David Sztanke (Tahiti Boy). Les enregistrements se sont déroulés très librement, dans une ambiance décontractée, presque familiale.

Jean a supervisé la production et s’est chargé des percussions. C’était à la fois une grande première pour lui en tant que producteur et pour moi en tant que compositrice et chanteuse. L’EP s’appelle ESSAYS, à l’image du projet, c’est un test dont le résultat est très personnel, non altéré par des conditions extérieures. Il n’est pas forcément créé dans les règles de l’art, mais je n’ai pas eu à subir de pression extérieure.


Si Furniss aime aussi le rap et R’n’B des années 2000 ses influences musicales sont évidemment puisées dans la pop/folk et vont de Lorde à Chris Stapleton en passant par Sufjan Stevens. Malgré que la folk soit loin d’être la scène majeure en France, elle compte un public fervent et fidèle qui se déplace dans de nombreuses petites & moyennes salles parisiennes aux ambiances intimistes qui ont permis de créer une réelle proximité entre les groupes folk très nombreux Outre Manche et leur public français.


Essays le premier EP de Furniss

La Frasque : De quoi s’inspire tes chansons ? 

Furniss – La première chanson que j’ai écrite est Horacio. Je l’ai écrite à Seattle sans penser un jour la jouer. J’étais face aux paysages extraordinaires du Nord-Ouest qui m’évoquaient à la fois un immense sentiment de liberté et le besoin oppressant de m’échapper. Ce titre symbolise l’idée de retrouver ce sentiment de liberté à travers le rêve, souvent déclenché après une rencontre. Elle évoque l’exaltation de ce que l’on peut ressentir en rencontrant quelqu’un. C’est une version très adolescente de la liberté.

Toutes les chansons de l’EP sont très liées à la période de mon passage à la vingtaine que je considère comme assez difficile malgré un idéal qui nous est vendu. Je trouve qu’il est très facile de succomber à une vision préfabriquée de ces années, selon moi très anxiogène et parfois étouffante.

Paradoxalement j’ai vécu cette transition comme une prise de conscience forcée de ma temporalité. J’ai comme beaucoup d’autres essayé de combattre cela par l’écriture et la mise en musique de ce que je ressentais à ce moment-là.

La Frasque : Le premier extrait de ton EP à sortir en clip s’appelle « Homecoming » est ce que tu peux m’en dire un peu plus ? 

Furniss – C’est la chanson la plus triste de toutes et effectivement la première à avoir été mise en image. Le fait d’être loin lorsque j’habitais à Seattle m’a valu beaucoup plus de coup de blues qu’à Paris et aussi beaucoup de mélancolie. Pour autant je pense avoir bien digéré ces moments sombres, dans le sens où, la mélancolie est absolument à chérir. Elle s’installe pour moi dans des moments enrichissants, qui nous forgent secrètement dans la plus grande humilité.

La Frasque : Maintenant que l’EP et ton premier clip sont enregistrés quels sont tes futurs projets ? 

Furniss – Je suis déjà en train d’écrire des nouveaux titres et ai enregistré au mois d’avril dans l’Ohio. J’ai vraiment envie de plus expérimenter musicalement, de prendre le temps de composer pour des instruments que je ne maîtrise pas encore. Trouver mes musiciens est donc ma priorité principale, puisque je n’avais personne à part moi et Jean pour l’EP. Il faut aussi que je commence à préparer mes premiers concerts.

ESSAYS c’était un début pour voir ce dont j’étais capable ; j’aime penser cet EP comme un « coming out » musical. Après avoir passé du temps en studio je me suis rendue compte de la quantité de choses qu’il est possible d’y faire. Je n’ai qu’une hâte c’est d’y retourner pour explorer une composition nouvelle.

Furniss est représentée par Nous Sommes L’Agence 

EnregistrerEnregistrerEnregistrerEnregistrer

EnregistrerEnregistrer

EnregistrerEnregistrer

Share: