Ça faisait longtemps que je n’avais plus fait de concert. Du coup, j’ai choisi  de débuter mon année musicale avec le phénomène d’Atlanta Russ au Zenith de Paris. Étoile montante aux USA, mais encore peu connu en France, Russ revenait en France dans le cadre de sa tournée “There’s Really a Wolf”, après être passé au Bataclan en avril 2017. Le défi était de taille, car cette fois-ci, Russ se produisait dans une salle 4 fois plus grande que la dernière.

Russ, la polyvalence à l’état pur

Russ, de son vrai nom « Russell Vitale », se lance dans la musique avec deux potes à lui et ensemble, ils décident de former le groupe DIEMON. En plus d’être rappeur, le jeune natif d’Atlanta est également le producteur du groupe. Quelques mois plus tard, après avoir créé son groupe, Russell décide de se lancer en solo. Il se fixe comme objectif de sortir un morceau par semaine sur Soundcloud. Avec le temps, Russ démontrera qu’il ne s’est pas lancé dans la musique de façon totalement random. Il persévère et continue de sortir des morceaux de qualité au fil des semaines et se fait ainsi remarquer dans le rap-game, tout en fidélisant une audience toujours plus dévouée semaine après semaine. Certains de ses morceaux lui apportent très rapidement de la notoriété, comme le titre “Willy Wonka”, et le rappeur-chanteur-producteur va vite exposer à la Terre entière qu’il n’est pas qu’un simple rappeur lambda, mais un véritable interprète polyvalent capable de varier les styles qu’ils soient plutôt lova, trap ou même dancehall. Ses influences telles que Drake, Kanye West, Eminem le poussent à produire une musique variée et parfaitement dans l’ère du temps.

Par la suite, notre rappeur de 25 ans connaît une ascension fulgurante, il signe notamment chez Columbia et sort l’album le plus abouti  de sa jeune carrière “There’s Really a Wolf” avec des titres très populaires comme “What they want” , “Losin control” ou “Cherry Hill”. Russell se démarque également par sa capacité à faire tout tout seul : il écrit, chante, produit, mixe…


Russ, en osmose avec son public

Le soir du concert, j’arrive sur les coups de 20h30 au Parc de la Villette. Un peu à l’arrache comme d’habitude, je réalise mon seum lorsque j’entends les basses du Zenith vibrées au loin… Damn, le show de Russell a déjà commencé.

Ce n’est qu’à 20h50 que j’entre dans le Zenith de Paris qui, à ma grande surprise, n’est pas totalement rempli. Pourtant, l’ambiance est  déjà très bouillante. En même temps,  Russ en est à son deuxième morceau, et pas n’importe lequel, car il est en train d’interpréter le très punchy « Me You ». Dès le début, son flow limpide à la Eminem et sa voix très juste lui permettent de conquérir son public du soir. Au delà des similitudes avec Em, Russ nous propose un programme diversifié lui permettant d’étaler tout son talent. Alternant les morceaux de loveur à la Drake (le très beau « Wife you up ») et ceux dans un esprit beaucoup plus kickeur (« Flip »), l’artiste du soir montre sa totale maîtrise d’une panoplie musicale très large. Une mention spéciale pour « Pull The Trigger » et son flow se mariant parfaitement sur une prod’ reggae très propre.

« Cherry Hill » reste à mes yeux l’un des meilleurs moments de cette soirée. Russ inteprète ce titre mélancolique avec une justesse incroyable. Mais sur ce morceau, sa voix embarque littéralement les spectacteurs qui n’hésitent pas à le suivre en cœur tout le long du morceau. Il se permet même de faire une partie du morceau a capella  qui laisse tout le monde par terre. Il finit son concert par les incontournables « What They Want » et « Ride Slow » comme pour assouvir la soif d’un public qui en a déjà pris plein les yeux

« L’artiste en devenir » par excellence

Pendant une heure et demie complète, Russ nous fait voyager grâce à des compositions qui changent de style les unes des autres, mais aussi grâce à une scénographie simple mais efficace.

Pour être honnête, je ne connaissais Russ uniquement via 3–4 de ses morceaux qui m’avaient marqués. Mais ce soir-là, j’ai pu réellement le découvrir. C’est un artiste hors-norme, doté d’une polyvalence incroyable et d’un style fait d’influences très diverses. Son concert était un condensé de styles modernes. Artiste tout-terrain, il peut chanter autant à la Drake et que kicker à la Eminem sur un même morceau, et sa plume lui permet de toucher un public très large. N’ayant pas encore totalement rencontré le succès qu’il mérite, je ne serais pas étonné de le voir se produire dans une salle encore plus grande à Paris dans un futur proche. La suite logique serait de le croiser à l’Accor Hôtel Arena dans quelques années.

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Written by Yvan Palma
Poète Zinda