who the fuck is lee moses

Né en 1941 et originaire d’Atlanta, Lee Moses est un des grands oubliés de l’histoire de la Soul Music. Il est pourtant un immense guitariste et un chanteur avec un funk pur et brutal. Sa soul sans fioriture est incroyable, puissante et possède un groove hors du commun. Chez Moses, pas de choeurs pleurnichards ou de violons mielleux as fuck, mais un son dur, une émotion qui vient des tripes.

Formé à la fin des 50’s au sein du groupe The Showstoppers à Atlanta, puis au milieu des années 60′ ambiancé par une petite gloire locale, il bouge à New York où il est engagé comme session guitarist (aux côtés de Jimi Hendrix, rien que ça) chez le producteur Johnny Brauntly .

En 1967, il lance quelques singles en son nom, 3 véritables bombes éditées chez Musicor Records qui ne trouveront pas leurs publics. (Dont, Bad Girl). Il sort également à cette époque I’m Sad About It, superbe titre deep soul qui sera samplé en 2011 par Apollo Brown dans Megaphone (avec le rappeur Hassaan Mackey), véritable hommage du beatmaker pour son prédécesseur.

Il sortira comme il peut quelques singles, puis en 70′ il balance un 9 titres « Time and Place » chez Maple Records avec des compos et des reprises de hits comme « Hey Joe » enregistré juste après la mort de Hendrix.  Si cet album s’avère être un magnifique disque, et un trésor pour les diggers de vinyles, il n’empêche qu’à l’époque, il fut un échec commercial. Il ne fera plus qu’une collab’ sur un album de The Mighty Hannibal en 73 et n’enregistre plus rien. Il décède en 97 dans la plus grande indifférence.

Aujourd’hui le seul titre (plus ou moins connu) qui subsiste dans la culture collective est Bad Girl : une des chansons d’amour les plus tristes de l’industrie musicale. Lee Moses a sorti un truck raw où sa voix rocailleuse, déchirante et époustouflante hurle l’histoire d’une femme fatale des années 60′. Une femme qui, car elle vit librement ses envies, est méprisée par ses pairs. Il tente de la défendre, arguant qu’elle souhaite simplement être libre, et que “un de ces jours, le monde entier comprendra” (“one of these days, the whole world will understand“).

Et bien finalement, malgré le fait que la perception et la place de la femme dans nos sociétés ont considérablement évolué depuis les sixties, il s’est bien trompé puisqu’une fille qui couche avec qui elle veut reste une salope pour bien des imbéciles. Mais on s’égare à cause du seum. Revenons à Lee Moses : c’était tout simplement un génie qui n’aura pas eu la carrière que sa voix et sa Soul méritaient.

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Written by Ludovic Mazarin
Rudeboy.