Booba : "Ma définition"

Booba :

Aujourd’hui, on a décidé de vous parler d’un classique : Ma définition, du premier album solo de Booba : Temps mort, sorti en janvier 2002. Booba avait assuré lui-même la production de cet album avec son label 45 Scientific.
La situation était un peu particulière à l’époque. Le duo Lunatic existait toujours et malgré le succès de Mauvais oeil en indépendant et ce, sans le soutien de radios comme Skyrock qui semblait pourtant indispensable à l’époque, Booba décide de lancer son premier projet solo.

On retrouve dans cet album et particulièrement dans ce track tous les ingrédients qui ont participé à lancer la carrière solo de Booba.

Un flow souple, cru, presque acide. Une vérité brute, sans détour. Un cri, un hurlement d’une vérité qui se cherche des porte-paroles.
Mais il explore aussi des facettes d’un style qu’il n’avait alors pas dévoilé jusqu’ici. Avec amertume, il donne une dimension noble aux thèmes de la rue.

L'album a connu un immense succès, autant critique que commercial, bien que très relatif en comparaison de ce que le rappeur des Hauts-de-Seine accomplira par la suite. Ali est présent dans ce projet sur le morceau Strass et Paillettes. Malgré certaines divergences évidentes, les deux amis étaient restés proche et sont d’ailleurs toujours en bon terme aujourd’hui.

Mais revenons à ce track magnifique « Ma définition », véritable masterpiece dans l’image et la punchline.
Il faut replacer des éléments de contexte qui apportent à ce track une dimension particulière : Booba n’est pas encore connu, n’a pas de Lamborgini, ni même de maison à Miami. Il a juste les crocs et l’envie de conquérir le monde.
Cela donne un track dans lequel il est beaucoup plus proche de son public et d’une réalité beaucoup plus tangible que les histoires qu’il peut raconter aujourd’hui.    
On ne va pas se la jouer Genius et expliquer tous ses lyrics et références. Voici donc plutôt un florilège de nos punchlines préférées sur le titre, en espérant que vous aurez autant de frissons que nous en écoutant ma définition

"On est p’tits, on veut niquer Paris, on connaît rien nous
Et y’a plein d’trucs à prendre, et puis t’apprends vite avec les coups

Ma jeunesse a la couleur des trains, RER C
Pendant l’trajet j’rêvais de percer.  

C’est un état d’esprit, ne plie que si les pissenlits j’bouffe
Ne reçois d’ordres ni des keufs, ni des profs

La folie, le sang, la mélancolie, du rap, du fil rouge
Des risques et du son : ma définition

J’viens des Hauts d’Seine, obscène est mon style, mon comportement
J’suis instable au micro, et dans la rue j’vis n’importe comment"

 

Ludovic Mazarin,