J-Silk : après "WWWD", un nouvel EP ?

J-Silk : après

J-Silk étaient sur la scène des Trois Baudets hier soir, dans le cadre de la promotion de leur premier EP 4 titres WWWD. Leur dernier clip If you leave, dirigé par Swann Vidal, est une vraie merveille de patchwork visuel. Rencontre.


À l'étage du restaurant des Trois Baudets, dans le quartier Pigalle, je retrouve Joanna (chant), Louis (basse, synthé), et Didier (batterie). Ils forment depuis un peu plus d'un an le groupe nu soul jazz : J-Silk. Ils étaient présents aux Francofolies de La Rochelle 2017 et au Festival Climax cet été, avec leur premier EP WWWD

La Frasque : Premier concert sur Paris, alors comment vous sentez-vous ?

Didier Bassan : Impeccable !
Joanna Rives : Super, c'est un vrai plaisir de jouer à Paris. C'est une première fois. Surtout avec J-Silk ! Donc parfait.
Louis Gaffney : Vraiment super.

LF : Joanna, tu as déjà travaillé en solo avant que vous fondiez le groupe J-Silk. Avais-tu déjà foulé la scène parisienne ?

J : Non jamais, une première.

LF : Et vous ?

L : Je suis déjà venue deux fois dans cette salle, avec un groupe qui s'appelle Ariel Ariel [dont il était le bassiste]. À chaque fois, c'est super. Aux Trois Baudets, on est hyper bien accueilli.

LF : Tu as pu les déstresser un peu avant de venir alors ? (rire)

L : Je connaissais les lieux, donc oui j'ai pu leur montrer.
D : La scène est vraiment bien, c'est la première fois que je joue ici. J'avais déjà joué à Paris, il y a quatre, cinq ans, au Glazart, mais c'est anecdotique. C'est la première fois que je reviens exprès pour jouer.

LF : En tout cas bienvenu à Paris J-Silk ! Quelles sont vos influences musicales, en deux ou trois noms ?

J : Pour ma part ce serait plus des chanteuses. Comme Amy Winehouse, parce que c'est elle qui m'a donné envie de chanter. [Ou bien] Erykah Badu, elles sont différentes, mais je les place un peu à la même hauteur.
L : Je dirais Sampha et The Internet. C'est une voix que tu connais déjà. Il a sorti un album il y a un an, je crois... Qui est hyper cool !
D : Plusieurs groupes de hip-hop américain, dont The Roots principalement. Dernièrement, Anderson .Paak. Puis bon, comme ils ont dit, The Internet aussi.

LF : Comment le groupe s'est-il formé, quand vous êtes-vous rencontrés ?

L : Avec Didier [le batteur] on se connaît depuis huit ans, on a beaucoup joué ensemble. Plus tard, je suis allé voir Joanna en concert [au Bootleg, qui a fermé depuis]. Cela m'a plu, alors je lui ai demandé de jouer avec moi. Et puis, petit à petit, on a testé des combines, au début tous les deux, puis avec Didier à la batterie. On a fait des tests, comme ça sur des petits concerts, et on a finalement trouvé la formule, on a accordé nos synthés, tout ça quoi... C'était il y a un peu plus d'un an.

LF : Quel est le lieu de votre première répétition ?

L : À Bordeaux, chez des potes.
D : Dans le local d'un ami.

LF : Est-ce que vous continuez de travailler là-bas ?

J : Oui, encore maintenant on bosse beaucoup dans ce local.

LF : Quelle est la salle ou le festival où vous aimeriez le plus jouer ?

Tous : Au We Love Green, la programmation de cette année nous a beaucoup plu.

LF : J, signifie Joanna, mais que signifie Silk ?

D : Silk, la soie : ce terme représente quelque chose en lien avec sa voix. C'est soyeux, doux ... C'est un peu plein de choses. Et puis le fait que ce soit écrit comme cela, c'est aussi un hommage à Jay Jilla, qui était un très grand producteur, décédé aujourd'hui malheureusement.

LF : Vous nous avez annoncés sur scène un nouvel EP, qui sortira en mars prochain. Et dont vous nous avez donnés un avant-goût sur scène, tout à l'heure. Pouvez-vous nous rappeler les titres ? 

J : Nous en avons joué plusieurs, trois même. Le premier morceau, c'est It's up to you, puis Another drink et Make love
L : On a un peu changé le tempo sur la dernière, c'est un peu plus rock.

LF : Est-ce que cela signifie que pour votre prochain EP, vous allez changer de ligne musicale ou pas du tout ?

J : Non, nous allons garder la même ligne que le précédent EP.
L : Ce sera toujours chill. On part en studio début décembre, à Bordeaux, avec le même ingé son, la même équipe.

LF : Tu utilises le terme chill. Du coup, comment définiriez-vous votre musique ?

D : Nu-soul , un peu de pop, du chill.
J : Je dirais un mélange, en fait. Je n'ai pas tellement envie mettre la musique en case.
L : Il est intéressant d'observer le niveau des textes. Il y a des morceaux qui parlent de moments que l'on a passés ensemble, de nos soirées, où on s'éclate, on danse ! Et puis il y a des morceaux beaucoup plus personnels de Joanna dans lesquels elle va parler de son histoire, de choses beaucoup plus tristes ... Pour les prochains morceaux [ce sera] pareil. Il y aura un peu de tout : des moments où on a bien déconné, comme d'autres un peu moins. [C'est le cas de] notre dernier clip If You Leave, qui n'est pas très sérieux, mais où l'on retrouve une certaine nostalgie, une ambiance plus sombre.

LF : Par rapport à ce dernier clip, tout comme WWWD qui est à la fois le titre de l'une de vos chansons phare, et le nom de votre premier EP : qu'est-ce que cela veut dire ?

J : What We Were Drinking.

LF : Tu l'as en tatouage d'ailleurs !

L : Dit leur comment tu as fait ça ! (rire)
J : Alors, je faisais un billard avec un copain anglais, avec qui je suis partie en Écosse. Et il était 17h, on buvait du whisky, parce que voilà c'est l'Écosse ! Et du coup, comme je le dis dans Another drink, je ne savais plus, à un moment donné, si j'étais les rouges ou les jaunes, j'étais trop bourrée. Il y avait un tatoueur à côté, on s'est dit, aller ! Si tu perds, tu te fais tatouer et si c'est moi qui perds, je me fais tatouer. Et ben j'ai perdu les gars !
L : À chaque fois qu'elle part en Angleterre, elle revient avec quelque chose comme ça (rire).
J : La conclusion c'est qu'il ne faut plus que je parie !

LF : Au regard des clips WWWD et If you leave, dirigé par Swann Vidal, avez-vous prévu d'autres projets de clip avec lui ?

J : Merci pour lui, on lui dira.
D : On l'a un peu usé…
L : Exploité... Donc on va faire une petite pause (rire). On le rappellera plus tard. Pour le moment, on va enregistrer.
J : Et ensuite "on verra", on va le laisser se reposer un peu.
L : Nous sommes censés revenir en mars.

Et bien nous attendons votre prochain EP avec impatience ! Merci pour votre temps et votre talent.

Manon Durand,