SCH à l'Olympia : un concert solide

SCH à l'Olympia : un concert solide

Jeudi dernier, SCH performait à Paris pour son dernier album JVLIVS, véritable scénario audio d'un film mafieux. C'est l'Olympia qui accueille le S et on se devait d'y être.

20h. La première partie n'a pas commencé et la salle est déjà bien pleine. Pendant qu'on se faufile dans la fosse, on observe la diversité de l'audience. Il y a beaucoup de jeunes et moins de filles que de queues de cheval. 20h10. KPoint débarque, guitare au bras, pour démarrer la première partie. Il livre une belle performance, devant un public impatient mais prêt à s'ambiancer au son de n'importe quelle vibration des basses. Il finit de nous mettre en jambes avec Ma 6T a craqué, son featuring avec Ninho : l'impact est détonnant. On comprend que si Ninho débarque sur scène avec SCH pendant le concert, ça va être la guerre. 21h. Après 20 minutes d'entracte, les premières notes d'une balade napolitaine sonnent. Un écran nous montre de nouvelles images du court-métrage de JVLIVS, présentées par la voix française d'Al Pacino. SCH fait une entrée violente sur VTNM et toute la salle se met à vibrer. On est dans le fond, mais ça saute de partout et ça bouscule dès les premières secondes. Les mouvements de foule sont comme la marée qui emporte au loin les cendres d'Otto. En 3 minutes, on se retrouve au devant de la fosse, comme si nous n'étions que poussière. La couleur est annoncée. SCH enchaîne les hits et les classiques devant un public fanatique. C'est impressionnant : en à peine plus de 3 ans depuis A7, il est déjà une véritable star avec une carrière extrêmement solide. On ressent fortement l'impact de l'album Anarchie, dont les morceaux sont chantés avec une ferveur particulière. Au final on a eu droit à une très bonne sélection, aussi bien avec les hits qu’avec des morceaux moins évidents comme Essuie tes larmes ou Morpheus.

Peut-être qu’on est dans l’excès et dans la ferveur, mais il semble que SCH agit comme une rockstar aux allures sombres. Après avoir retiré son manteau de fourrure, il change 4 fois de tenue. Sans que le lumières soient extrêmement travaillées, il se fait présent. Il a aussi l’amabilité de nous prévenir avant de lancer Facile. Là, c’est technique : il faut être solide sur ses appuis. R.I.P. aux lunettes de ce lycéen qui se mettait naïvement au cœur des pogos.

En termes d'invités, on  est gâtés. D'abord, PLK débarque pour rajouter du Jack Da dans le verre de SCH et débiter son couplet sur Hier. Plus tard, alors que tout le monde crie Ninho, c'est Hamza qui débarque par surprise pour un morceau inédit. Il faudra être à l'affût à sa sortie : on a rien compris aux paroles mais la complicité des deux et le mouvement qu'il a créé présagent quelque chose de grand. Puis, ce qui devait arriver arriva enfin. Ninho, attendu depuis le passage de KPoint, débarque et se pavane sur la scène. Il prend le micro pour saluer le public et là... c'est le drame. Sa voix est mal réglée. Tout son couplet est bousillé par une sombre voix robotisée. Un peu traumatisant, mais on reprend. Le concert se termine sur l'immense classique qu'est A7 et qui nous fait lâcher les dernières gouttes de sueur qu'on a en stock.

Pour résumer, on a assisté à un très bon show, même si l’on peut regretter, comme c’est souvent le cas dans les concerts, l’absence d’une bonne poignée de morceaux. La force de JVLIVS est d'être un album conceptuel : on aurait vécu un moment assez légendaire s'il avait été exclusivement centré autour de ces morceaux et de leur histoire. Au final, on a surtout eu droit à beaucoup de cassage de nuque à l'esprit rap, savamment séparés par de bons moments d'émotion qui rappellent la chanson française.

Crédits Photos : Coralie Waterlot

Crédit Photo d'entête : Camulo James

Theodore Cohen,