CINEMA - Bohemian Rhapsody : analyse du biopic musical le plus rentable de tous les temps

CINEMA - Bohemian Rhapsody : analyse du biopic musical le plus rentable de tous les temps

Sorti en France le 31 octobre dernier, le film signé Bryan Singer retrace l’ascension et les dérives du groupe légendaire Queen mais surtout celui de leur chanteur Freddie Mercury. Défiant les stéréotypes des années 70, cet immigré parsi, bagagiste, aux quatre incisives supplémentaires va révolutionner les codes de la musique. Renonçant à ses origines indiennes, il troque son nom Farrokh Bulsara contre celui de Freddie Mercury qui deviendra son nom de scène.

De la rencontre fortuite du guitariste Brian May et du batteur Roger Taylor avec la future bête de scène au look quelque peu étrange, va naître le fameux groupe de rock. Rejoint par le bassiste John Deacon, le groupe est alors rebaptisé Queen à l’image de l’égocentrisme et de la mégalomanie de Freddie.  Son excentricité sur scène et ses prestations vocales inégalables, permettent au groupe de briller à l’international. Malgré l’échec du single Bohemian Rhapsody au moment de sa sortie, Queen connait un véritable engouement populaire.

Côté vie privée, le réalisateur aborde timidement l’homosexualité de Freddie Mercury engagé avec Mary Austin.

On assiste également à l’implosion de Queen qui fait suite dans le film, au souhait de Freddie de poursuivre sa carrière en solo. Un choix qui se soldera par des orgies de sexe et de drogue, nous laissant face à une rock star paumée, sous l’emprise totale de Paul Prenter. Freddie finit par réintégrer le groupe et vire Prenter.

La fin du film se clos magistralement sur le concert de Wembley du 13 juillet 1985. Affaibli par le SIDA, la rock star nous livre une de ses plus belles prestations.

Notre verdict :

Dans ce biopic tant attendu, on regrette le manque d’originalité et de prise de risque du réalisateur. On regrette que les thèmes de l’homosexualité ou du SIDA soient très peu évoqués. On peut également souligner les erreurs de chronologie dans la vie de la rock star qui apprend, contrairement au film, seulement des mois après le concert de Wembley qu’il est atteint du SIDA. Le manque d’audace est compensé toutefois par la prestation saisissante de Rami Malek qui semble habité par l’âme de la rock star. Il parvient a ressusciter le chanteur en se mettant dans la peau d’un connard à l’égo surdimensionné qui arrive perpétuellement en retard.

Les passages des concerts rendent également le film spectaculaire. Malgré un début long, le scénario captive de par l’ambiguïté du personnage que l’on réapprend à connaitre.

Un Film aux critiques donc mitigées qui réussi l’exploit d’être toujours à l’affiche. Avec plus de 800 millions de dollars rapportés au box-office mondial, le biopic musical devient le plus rentable de l’histoire. Il est récompensé par de nombreux prix prestigieux notamment ceux du meilleur acteur et du meilleur film dramatique aux Golden Globes.

Ce film de 2h15 est à la fois bouleversant, entraînant et électrisant à l'image du single qui porte son nom. On vous le conseil !

Anne-Charlotte Lacroix,