Jonah Hill présente Mid90s

Jonah Hill présente Mid90s

Après avoir passé un peu plus de quinze ans face caméra, il aura fallu trois années d’écriture à Jonah Hill pour nous proposer Mid90s, sa première réalisation. L’acteur signe un long-métrage profondément personnel et inspirant. Une ode à l’enfance et à la découverte pré-adolescente dans un Los Angeles des années 90. Une œuvre douce, amère et puissante.

Un peu comme dans "The wackness" qui nous permettait de déambuler dans le NYC des années 90, ici nous cheminons dans Los Angeles, quelque part dans les années 90.  Stevie, 13 ans, rêve de skateboard, de profiter de l'été avec des amis. Cela devient un but, un échappatoire à un quotidien devenu trop morne. Il souhaite échapper à sa vie ennuyante. Mais aussi à la violence de son frère perdu, qui lui fait souvent payer sa propre tristesse à coups de poings. Et, fuir sa mère nonchalante, dont la résignation l'exaspère.



Il va faire la 
rencontre d’un crew de petits skaters embrassant la liberté et surtout sublimant la fuite du foyer. Ces rencontres transforment rapidement son envie de nouveauté et de fuite en un sentiment de puissance et de réelle indépendance.  

Un voyage initiatique un peu à la Kids de Larry Clark, en moins violent, moins trash mais sans perdre la rudesse des quartiers pauvres et vivants de LA. La fraternité, l'amour et l'émancipation sont des clefs dans ce film et on retrouve ici l'énergie des Zboys des Lords of Dogtown de Catherine Hardwicke. 
Pour ses débuts derrière la caméra, 
Jonah Hill s’attaque à une thématique universelle, intemporelle et ô combien radicale : l’enfance et son désir de se découvrir, de se perdre et trouver une raison et du sens à son quotidien. 
Les Kids de Jonah Hill se confrontent au monde avec insouciance et fougue. 

« Laissez-les devenir fous pour qu’ils deviennent sages »
- Kerouac. 

Ces vagabonds donnent rapidement envie de les rejoindre. Revenir à des sentiments simples de fraternité et de liberté. Elle est fantasmée mais garde une immense sincérité que beaucoup ont expérimenté. Le sentiment de posséder le monde avec quelques bières, des bros et la ride. Ils ont la bêtise avec eux, irrévérencieux, impénitents et parfois tout simplement idiots. Ignorance d'une mixité sociale parfois délicate entre racisme et homophobie ordinaire.

 

Un des éléments importants de ce film est bien sûr la BO. Une sorte de V2 de Tony Hawk's Pro Skater 2, avec le Wu-Tang, Cypress Hill, The Pharcyde, Herbie Hancock, Misfits, Nirvana, Pixies... La soundtrack est à elle seule une réussite et raconte une histoire et des combats de l'époque. 
Jonah Hill dévoile une histoire générationelle tendre, émouvante et authentique. 


 

Ludovic Mazarin,