Notre top 10 des meilleurs films de 2019

Notre top 10 des meilleurs films de 2019

10 - Green book

Inspirée d’une histoire vraie, cette comédie dramatique nous plonge dans les années 60 d’une Amérique raciste et ségrégationniste.
Tony Lip, un videur italo-américain, brut de décoffrage est engagé pour conduire et protéger le distingué Dr Don Shirley, un pianiste noir de renommée mondiale, pour une tournée de concerts. Le Green Book sera leur bible durant leur folle traversée du sud profond pour dénicher des établissements qui acceptent d’accueillir les personnes de couleur.

Confrontés au pire de l’humanité – humiliation, maltraitance subies par Shirley – les deux hommes vont apprendre à se connaître, à dépasser leurs préjugés respectifs et apprendre de l'autre. De leurs différences, va naître une solide amitié.

9 - Le Mans 66

Un film centré sur la lutte Ford vs Ferrari pour construire la voiture la plus rapide du monde et gagner la course du Mans 66.
On réalise rapidement que l’affrontement entre les deux écuries passe au second plan, le véritable affrontement est celui de deux hommes, de deux visions celles de Carroll Shelby et Ken Miles. Malgré tout ce qui les séparent un lien fort existe et perdure tant leur passion commune est puissante. C’est beau, très puissant, on met de côté la dramatisation extrême des courses et on passe un bon moment. Gros budget mais pas un blockbuster, un très bon compromis et un film réussi.

8 - Hors Normes

Bruno et Malik vivent depuis vingt ans dans un monde à part, celui des enfants et adolescents autistes. Au sein de leurs deux associations respectives, ils forment des jeunes issus des quartiers difficiles pour encadrer des cas qualifiés 'd'hyper complexes'. Une alliance hors du commun pour des personnalités hors normes.
Une claque qui fait réfléchir, rire, pleurer et applaudir. Contrairement à ce type de film très lourd, celui-ci donne de la force, de la motivation et ouvre à une empathie sincère et puissante. 

7 - La Favorite

Les personnages de La Favorite s’adonnent à des jeux de pouvoir perfides. À la cour d’Angleterre au XVIIIe siècle, lady Sarah entretient des rapports privilégiés avec la reine Anne jusqu’à l’arrivé d’Abigail. L’échiquier est alors redéfini, une guerre débute. Un ton surprenant, désopilant et un trio féminin remarquable. Avec Olivia Colman en dirigeante orgueilleuse, Emma Stone et Rachel Weisz en dames intéressées, le triangle affectif est instable.

6 - Marriage Story

L'histoire est banale, sa narration originale.  Comment partir du divorce pour remonter en arrière jusqu'au mariage, déterrer l'histoire d'amour précédent la rupture, mettre en avant le lien immuable qui perdure parfois au-delà de la séparation. Le tout sans tomber dans le mélodrame exaspérant. 
Un succès supplémentaire dans l'univers du cinéma pour Netflix qui après Mudbound ou Beast of no nation, offre encore une fois un très grand film à ses abonnés.

5 - Ad Astra

Un astronaute s'aventure jusqu'aux confins du système solaire pour résoudre un mystère qui menace la survie sur terre (en même temps il cherche à retrouver son père) Et pendant ce voyage il va à force de révélations remettre en cause la nature même de l'humanité et sa place dans l'univers. Rien que ça. Un film qui parvient à être intimiste tout en étant grandiose, il donne ce sentiment surprenant "je n'ai jamais vu un film comme celui-ci" 

4 - Parasite

Satire sociale et mélange des genres d’une sidérante virtuosité, justement récompensé d’une Palme d’Or, comble toutes nos attentes et bien plus encore. Angoissant, imprévisible, agitant nos pires névroses, on y découvre toute la famille de Ki-taek au chômage, et s’intéresse fortement au train de vie de la richissime famille Park. 

3 - Mid90s

Un voyage initiatique un peu à la Kids de Larry Clark, en moins violent, moins trash mais sans perdre la rudesse des quartiers pauvres et vivants de LA. La fraternité, l'amour et l'émancipation sont des clefs dans ce film et on retrouve ici l'énergie des Zboys des Lords of Dogtown de Catherine Hardwicke. 
Pour ses débuts derrière la caméra, 
Jonah Hill s’attaque à une thématique universelle, intemporelle et ô combien radicale : l’enfance et son désir de se découvrir, de se perdre et trouver une raison et du sens à son quotidien. 
Les Kids de Jonah Hill se confrontent au monde avec insouciance et fougue. 

« Laissez-les devenir fous pour qu’ils deviennent sages »
- Kerouac. 

2 - Joker

Alors oui ce n’est pas le meilleur film de l’année, mais c’est sans aucun doute la meilleure performance de comédien de l’année voir de la décennie et bien plus. Ici on met de côté l’histoire original du Joker, on crée un personnage, une atmosphère et tout ce qu’il faut pour que Phoenix gagne l’oscar. Et bien ça fonctionne, c’est sombre, très sombre, fou, déroutant, on s’y perd, on admire la violence avec une certaine fascination. Touché par une humanité en perdition, le film est tout simplement magnifique et de nombreux plans resteront gravés dans votre mémoire. Si vous faites parti des quelques personnes ne l’ayant pas vu, on vous invite à vite réparer cet impair. 

1- Les misérables

Une réalisation époustouflante au service d’un scénario plus réaliste que fictif. Ce film traite de l’histoire de 3 membres de la BAC (Brigade Anti-Criminalité), Stéphane (Bento), Gwada et Chris qui exercent leur profession à Montfermeil, une ville recluse en Seine-Saint-Denis (93). Sous l’oeil aiguisé de Ladj qui a toujours eu l’habitude de  filmer ce territoire avec sa caméra et qui a vécu une bavure policière en 2008, cette réalisation nous montre les dessous des relations douteuses qu’entretiennent nos 3 baqueux avec les habitants d’une ZEP (Zone d’éducation prioritaire). Le réalisateur, qui est d’ailleurs l’un des piliers du mythique collectif Kourtrajme, souhaitait nous emmener à la découverte de banlieusards qui ne vivent de rien, à défaut de vivre. Tout au long de l’histoire, nous comprenons que la misère est le trait d’union entre toutes les personnes de ces quartiers défavorisés, que ce soient les jeunes de la cité, les mamans désabusées, les frères musulmans, les gitans, les commerçants du coin…et les flics virulents. Ladj, grâce à une atmosphère authentique et enivrante, dépeint parfaitement le quotidien miséreux de toutes ces personnes qui semble si loin de nos vies parisiennes. Aussi, ce long-métrage met en avant une ville abandonnée par le système (comme tant d’autres), qui évolue à sa façon, avec plus de failles et de déboires, que de progrès et de solutions. 

Ludovic Mazarin,