What’s My Name De Cassius Clay à Muhammad Ali

What’s My Name De Cassius Clay à Muhammad Ali

 “What’s My Name : Muhammad Ali” est un documentaire en deux parties, une compilation d’archives (dont des images rares) et un montage dynamique qui donnent un résultat rythmé, beau et très interessant. Que l’on connaisse ou non l’histoire de cet athlète, l’intérêt pour ce magnifique portrait du plus grand boxeur de tous les temps reste immense.

Le boxeur Muhammad Ali a traversé la deuxième partie du 20e siècle en la marquant de sa vie, de ses (nombreuses) vies. De son incroyable talent et de ses multiples combats sur le ring mais aussi et surtout dans la société américaine.
Des axes et points de vue qui sont autant de lectures différentes, puissantes et intelligemment agencées par le réalisateur Antoine Fuqua à qui l'on doit notamment l’incroyable Training Day. Il signe ici un documentaire dense et accompli.

 « You cannot please god and the devil too »

On commence le documentaire en découvrant un jeune Cassius Clay, le verbe haut, un athlète hors norme. Le montage fluide donne un documentaire avec lequel le temps file, on ne s’ennuie pas un instant. Mohammed Ali est raconté et découvert à travers des images d’entraînements, de matchs, des interventions dans des émissions télévisées. Le tout sans voix off ou témoignage.

On suit l’évolution de Clay vers Ali, dans l’une des carrières sportive les plus intenses de l’histoire. Beaucoup de hauts et des bas. Un long arrêt suivant son refus d’être incorporé dans l’armée et partir faire la guerre du Vietnam, la reprise trois longues années plus tard et puis la fin de sa carrière. Découvrir sur le ring le poids du temps au fil de ses derniers combats confirmant comme il l’a lui même reconnu : « Le temps a gagné ».

Le documentaire se conclu avec une icône respecté de tous. Atteint de la maladie de Parkinson, la vitesse de ses poings laisse désormais place à la vivacité de son esprit. Ses combats ont longuement continué après qu'il ait raccroché les gants. Avec l’envie de poser une marque, rendre le monde un peu meilleur, à force d’empathie et de considération. 

On peut néanmoins regretter que certain aspects de la vie de Ali et certains combats sociaux passent un peu rapidement à la trappe. Comme c’est le cas pour ça relation avec Malcolm X, les conflits liés à son proximité avec la Nation of Islam ou encore son séjour en Irak dans le but de libérer quinze otages.
Malgré tout, il s’agit là d’un grand documentaire sur un très grand homme. 

Ludovic Mazarin,