[Live Report] OY et Meteor en live au Badaboum.

[Live Report] OY et Meteor en live au Badaboum.

Nous vous avons annoncé la venue des duos OY et Meteor (ici) sur la scène parisienne du Badaboum. Pour vous, nous avons testé ce voyage musical. Voici notre ressenti.

Première partie : METEOR.

Meteor-Badaboum
Composé par Kala et Jedeon, Meteor le premier duo de la soirée se met en place. Ils sont entourés d’instruments en tous genres. L’entrée en matière est d’abord lente, mielleuse, au rythme d’un bâton de pluie et de « maracas » venues d’ailleurs. Les artistes prennent leurs marques. Le son décolle un peu plus à chaque piste. Jusqu’à ce que, sans véritablement s’en apercevoir, toute la salle se retrouve accrochée à la musique.Kala et Jedeon passent d’un instrument à l’autre avec une facilité déconcertante.

Kala est plus axé batterie et chant, alors que Jedeon maintient le rythme grâce à son synthé magique, son mélodica, ses maracas et autres instruments à grains. Ils enchaînent leurs compositions selon l’EP Adastra, l’ambiance monte crescendo. Les morceaux où Kala chante sont particulièrement appréciés par le public. Une voix « vocodée » qui fait son effet. Dommage qu’on ne l’entende pas plus. Pour cette prestation, ils ont choisi de mettre en avant la partie plus instrumentale que vocale. Peut-être que leur second projet rassasiera ma faim de voix. En tout cas le public est curieux, à l’écoute. 

J’ai trouvé l’EP bon, même très bon. Et même si en effet le rapport au public était un tantinet timide, et qu’ils se sont un peu cachés derrière leur jeu de lumière, le public était là, encourageant, dansant et attentif.

Seconde partie : OY - mon premier Space-Opéra.

Oy-badaboum

OY c’est avant tout une installation scénique et un jeu de lumière réglé comme une montre suisse, ainsi que des costumes hautement colorés. C’est aussi et surtout un dialogue permanent avec le public. Le concept de Space-Opéra, comme sous-genre de la science-fiction, prend alors tout son sens. En effet, la théâtralisation du concert additionnée à la prestation musicale et vocale rend compte d’une folie amicale et envoûtante. Grâce à leur inspiration sortie des profondeurs de l’espace, et matérialisée en spectacle vivant, ils ont inventé un monde : Space Diaspora.

L’histoire chantée par Joy Frempong et rythmée par Lleluja-Ha le batteur,   est comme une ballade au galop, effrénée, en direction de contrées lointaines et nouvelles. Ce monde dans lequel ils nous transportent est une « distorsion de notre univers terrien* », emprise aux troubles identitaires, aux conflits d’intérêts, à la peur d’autrui. Ils nous racontent une rencontre avec un peuple extraterrestre, sur une planète inconnue, « sur laquelle l'humanité prospère, après avoir enfin développé sa capacité à apprendre de ses propres erreurs.* » (*Source : CP - Irascible Music)

Leur habitude de la scène permet au public d’entrer avec facilité dans leur univers. Du rock à l'électro tribal, en passant par des rythmes très pop, mais aussi jazzy, ce groupe possède une riche palette de style. Tout y est. Y en a-t-il trop justement ? Je vous laisse en juger. Pour ma part, j’ai apprécié le show, la grandiloquence de l’initiative musicale et scénique. J’ai d’ailleurs préféré écouter cet album sur scène que sur un simple ampli. Le duo reste mystique du début à la fin. En revanche, il faut avouer que leur monde n’est pas toujours compréhensible, voir laisse un peu perplexe à certains moments. Mais c’est ce qui fait son charme aussi, on ne peut pas plaire à tout le monde. En attendant, on reconnaît leur travail, et leur talent.

Photo : ©Manon Durand.

Manon Durand,