THEATRE - Edmond au Palais-Royal

THEATRE - Edmond au Palais-Royal

Nouveau coup de maître pour Alexis Michalik qui retrace la genèse de Cyrano de Bergerac dans sa pièce Edmond. Oui, merci !

Ce mardi, nous sommes allés voir la pièce Edmond mise en scène par Alexis Michalik. Récompensée par 5 Molières en 2017, un auteur-metteur en scène aux trois Molières et des critiques des plus élogieuses, il nous en fallait peu pour nous décider à pousser les portes du théâtre du Palais Royal. A peine installés, les comédiens étaient déjà sur scène, le décor posé. Peu à peu, les lumières du théâtre s’éteignirent, plongeant les 700 spectateurs dans la pénombre d’un certain mois de décembre 1897 à Paris. Le spectacle pouvait commencer. La pièce relate la triomphale et mythique première de Cyrano de Bergerac. Nous étions face à un Edmond Rostand désemparé – joué brillamment par le comédien Gauthier Battoue – en perte d’inspiration.

 


Il n’a rien écrit depuis deux ans. En désespoir de cause, il propose au grand Constant Coquelin une pièce nouvelle, une comédie héroïque en vers. Seul bémol : elle n’est pas encore écrite. Ne lui vient que le titre : Cyrano de Bergerac. Au fil des minutes, nous assistions à la naissance chaotique des plus célèbres répliques de Cyrano de Bergerac ainsi qu’aux exigences des comédiens qui malgré eux, contribueront à la création de scènes mythiques telle que la scène du balcon avec Roxane. Une pièce rythmée par des changements incessants de lieux – on installe, on désinstalle en un tour de main – des dialogues efficaces bercés par le somptueux boléro de Maurice Ravel, 12 comédiens exceptionnels, des producteurs en mafieux corses hilarants, Michalik retrace avec brio la création de la plus mythique des pièces de théâtre.

 

Amusant, émouvant, ébouriffant, c’est un véritable bijou qui chaque soir, reçoit un accueil triomphal. La pièce restera à l’affiche du théâtre du Palais Royal jusqu’en septembre 2019 alors on dit : Oui merci !

Nous pouvons également retrouver Edmond au cinéma depuis le 9 janvier dernier : on ne s’en lasse pas !

Anne-Charlotte Lacroix,