Parfois en se perdant dans les trous noirs d’Instagram on tombe aussi sur des bonnes surprises et c’est ce qui m’est arrivé en découvrant la jeune danseuse japonaise Tomomi Fujimura dont le style s’adapte à toute la nouvelle vague du r’n’b comme aux classiques du genre, d’Erykah Badu à FKJ, Tomomi improvise sur tous et c’est très stylé.

La Frasque : Quand et comment as-tu commencé à danser? 

Tomomi : J’ai débuté avec des cours de danse classique quand j’avais 2 ans mon grand-père m’avait convaincu de m’inscrire et de prendre des leçons de piano. À 10 ans j’ai arrêté le classique et j’ai commencé à prendre des cours de street dance. J’ai appris plein de styles et techniques différentes du hip-hop au locking en passant par le poping et le street jazz

La Frasque : Y a-t-il eu une personne en particulier qui t’a inspiré à commencer la danse?

Tomomi : Il n’y a pas eu « une » personne en particulier qui m’a poussé à commencer la danse mais il y a un tas de gens qui m’inspirent à continuer à danser en tout cas. En particulier Eric Negron que je considère être l’un des meilleurs danseurs que je connaisse. J’ai passé pas mal de temps à New York à mes 19 ans et j’allais toujours à ses cours de danse. Il est super talentueux que ce soit dans sa manière de créer des chorégraphies ou bien quand il freestyle. Il est bon dans les deux domaines et c’est vraiment ce à quoi j’aspire. À chaque fois que je retourne à New York je m’arrange pour aller à  ses cours, c’est mon prof préféré.

Il y a aussi Akihisa, c’est un danseur japonais qui est surtout connu pour ses battles. Son style est à la fois fluide et en même temps il a un flow et un groove de dingue quand il danse et ça m’inspire à fond. Il a essayé plein de styles différents avant de trouver le sien et sa propre originalité. Il a une discipline de fou et j’essaye de m’en inspirer au maximum. C’est à la fois un très bon ami et un mentor, il m’inspire énormément.

La Frasque : Depuis combien de temps est ce que la danse est devenu ton métier et quel serait ton meilleur conseil pour des danseurs en devenir ? 

Tomomi : Je ne me rappelle plus exactement à quel moment j’ai commencé à faire de la danse mon métier mais ce qui est sûr c’est que la danse a toujours été au centre de ma vie. Si tu veux faire de la danse ton métier il ne faut jamais arrêter d’apprendre et s’entrainer énormément. Avant de trouver son propre style il faut déjà connaitre les bases de la danse et aller plus loin, étudier d’où est ce que tel style de danse vient, l’histoire qu’il y a derrière.

 

La Frasque : Est ce que tu trouves que la culture de la danse au japon est très différente de celle en Europe ou aux US ? 

Tomomi : Ce n’est que mon point de vue mais je trouve qu’en Europe et aux États-Unis les danseurs sont supers naturels quand ils dansent en particulier en freestyle. On dirait que la danse fait partie intégrante de leur vie, plus qu’au Japon où les japonais essayent « d’apprendre » d’eux.  C’est la plus grosse différence pour moi mais heureusement pour nous les japonais on apprend vite et c’est comme ça qu’on arrive à des niveaux de technicités inédits au Japon.

La Frasque : Tes sons préférés pour le freestyle ?

Tomomi : J’écoute vraiment de tout ! Quand je m’entraine j’aime bien écouter du hip-hop & du R’n’B. Mes artistes préférés pour danser/faire du freestyle ca serait Erykah Badu, Masego, FKJ et KWAYE. L’année dernière mes top titres sur Spotify c’était Elderbrook – Could et l’année d’avant CVIRO et GXNXVS – Benjamins.

La Frasque : Est ce que tu as essayé des styles de danse différents avant de trouver ton style propre ? 

Tomomi : Oui tout à fait, et je continue à apprendre quotidiennement. Ces dernières années mon style s’est forgé en un mix de hip-hop, popping, (JAPANESE) soul dance et street jazz.

La Frasque : Comment est ce que tu définirais ton style de danse aujourd’hui ? 

Tomomi : Mon style c’est une expression directe de mes passions et mes expériences passées, c’est en constante évolution et je continue à travailler d’arrache-pied pour me perfectionner :))

 

Un grand merci à Tomomi d’avoir répondu à nos questions, Kisu sur le Japon

 

@chloeduveau