Miles Davis, Steve Coleman, Jeff Mills, Louis Amstrong… Tant de grands noms qui font partie de l’histoire du Jazz : FAUX. On voulait vous tester sur vos connaissances musicales, car Jeff Mills est un nom qui dérange sur la liste. J.M est effectivement musicien, mais à l’inverse des 3 autres jazzmen cités ci-dessus, lui, c’est plutôt l’histoire de la techno qu’il a marqué. À l’heure ou ce dernier a annoncé faire une tournée inédite avec l’orchestre national du Capitole à Toulouse, on a décidé de vous parler brièvement de sa (très) grande carrière.

De Detroit à Berlin

J.M qui est âgé de 55 ans à l’heure actuelle, est l’un des grands artisans de la démocratisation de la musique électronique dans le monde. Débutant très jeune la musique comme dj sous le pseudo « The Wizard », il anime et mixe sur différentes radios locales. En 1990, il fonde le mythique label « Underground Resistance » en compagnie de mastodontes tels que Derrick May, Kevin Saunderson ou encore Robert Hood. À cette époque, il en profitera également pour rompre avec sa carrière de Dj et se lancer beaucoup plus concrètement dans la composition et la production de morceaux électroniques. Il collaborera et sortira ses premiers tracks avec le label Trésor Records, qui a d’ailleurs été créé en même temps que le Trésor, l’un des grands clubs incontournables de la ville de Berlin.

J.M séduit un public encore naissant, mais par son talent, il devient une star internationale en Allemagne comme dans le reste de l’Europe, notamment grâce à son show à 3 platines et à des productions percutantes et minimalistes. On peut d’ailleurs trouver des points communs avec la techno berlinoise d’aujourd’hui.

Une imagination artistique unique

Cependant, plus le temps passe, et plus on se rend compte que notre américain est plus complexe qu’il n’y paraît. J.M et son imagination débordante ne cessent de repousser les limites de la techno en proposant des collaborations qui semblent inédites pour un DJ / Producteur. Grand fan de cinéma, il compose plusieurs bandes-son pour les films « Metropolis » de Fritz Lang, et « Three ages » de Buster Keaton, avant de passer lui-même à la réalisation d’un film-documentaire : « Exhibitionist ». Le principe est de filmer un DJ set sous plusieurs angles, afin de montrer au grand public comment un dj set est conçu et programmé. Pas mal l’idée pour un public qui souhaite en découvrir plus sur le rôle des Djs. Mais comme la musique ne canalise pas son imagination artistique débordante, il s’aventure vers un autre art et conçoit entièrement une sculpture du nom de Mono inspiré du film l’Odysée de l’Espace qu’il exposera au centre Georges Pompidou à Paris, tout simplement.

L’exportation de la techno vers le classique

J.M continue d’expérimenter sa musique les années qui suivent. Il collabore d’ailleurs pour la première fois avec un orchestre symphonique en 2005, dans l’idée de co-produire un concert avec une institution majeure de la musique classique. C’est l’Orchestre Philharmonique de Montpellier dirigé par Alain Altinoglu qui participe à cette expérimentation musicale. Le résultat est fascinant, tant pour l’idée d’une collab’ inédite qui permet d’éveiller la curiosité d’un tout autre public que pour une mise en scène musicale tout simplement sublime. Le savant mélange de sonorités électroniques et acoustiques proposé par J.M donne un tel succès, qu’il collabore par la suite avec d’autres orchestres reconnus en France (les orchestres de Lille, Toulouse et Lyon notamment) pour des concerts tous aussi extraordinaires les uns que les autres.

En 2018, celui qu’on appelle également  Le sorcier revient en force avec Lost In Space, son futur album réalisé en collaboration avec l’Orchestre National du Capitole de Toulouse, sa date de sortie est prévue pour l’automne 2018. Comme son titre l’indique, l’album abordera les thèmes de la science et de la physique. Plutôt cohérent, car en début d’année, J.M avait déjà commencé à explorer l’univers des planètes avec son dernier album Planets.

Également, notre Dj expérimental prépare deux concerts le 5 et le 7 avril 2018 à la Halle aux Grains de Toulouse pour présenter ce nouvel album qu’on a hâte d’écouter. On peut donc être sur d’une chose avec Jeff Mills, qui a d’ailleurs été récemment décoré par Jack Lang avec le titre d’Officier des Arts et des Lettres, c’est qu’il ne cessera donc jamais de nous surprendre.