Comparer ce qui parait incomparable : Jul et Drake mdr quel rapport ? 

Si au premier abord vous vous vous êtes étouffés en lisant ce titre, calm down on vous explique. Scorpion et Inspi d’ailleurs les derniers albums de Drake et Jul sont sortis le même jour, deux formats longs (25 et 22 titres) pour deux rappeurs aussi côtés, qu’attendus au tournant par leur fan base. Et à y regarder de plus près on trouve plusieurs similarités dans leurs carrières respectives.

Des parcours pas si différents

Chacun de leur coté de l’Atlantique les deux rappeurs ont su sortir leur épingle du rap jeu et créer des styles hybrides dans des paysages rap initialement surpeuplés. D’un côté, Drake crée un style de r’n’b/rap qui lui est propre et que l’on reconnait entre mille l’autre et Jul qui, sorti de nul part, a créé un style reconnaissable dès les premières notes.

Les deux ont du batailler pour être pris au sérieux. Aux US, Drake ancien acteur de la série Degrassi, venant de la classe moyenne loin de la street cred’ des précédents rappeurs hype, a du travailler pour imposer son style smooth avec une narration très intimiste. En France, Jul qui comme un ovni s’est fait rire au nez par beaucoup d’aficionados du rap, a su à la longue s’imposer comme un artiste incontournable de la scène rap FR, avec des chiffres de streams que beaucoup lui envient. 

Les deux ont pour habitude d’être extrêmement productif. D’un côté Drake qui sort des titres et des featurings tous les 3 mois et de l’autre Jul qui sort 4 albums par an sans vriller. Et c’est de cette hyper productivité qu’est né un challenge commun aux deux rappeurs:  ne pas saouler les gens en étant trop présent, savoir se renouveler et ne pas tomber dans l’écueil de faire uniquement « du Drake » ou du « Jul ». Aussi précieuse que sont les formules de leur styles musicaux respectifs, le syndrome de l’usure de leurs fans est un risque commun à chacun. 

Une vraie attente autour de Scorpion et Inspi d’ailleurs

Les fans de Drake attendaient son nouvel album avec impatience.  Depuis la sortie de Views en 2016 et de sa playlist « More Life » en 2017, son public etait habitué à un projet par an. Pour pimenter le tout son récent clash avec Pusha T, suivi de la sortie d’un nouvel extrait de l’album « I’m Upset » laissait entendre un règlement de compte via projet interposé qui allait raviver le bon vieux classique du clash entre rappeurs. Passionnant, si cela galvanise la créativité de chacun, soporifique si on s’en tient à quelques punchlines qui piquent. 

Les fans de Jul eux, se voyaient démunis face à 6 mois de silence absolument inhabituels pour un artiste qui sort 4 projets par an. Une attente aussi difficile que nécessaire pour le marseillais qui voulait prendre plus de temps cette fois ci pour livrer un projet plus complet. 

Genre Jul est meilleur que Drake ?! 

Sans remettre en cause la carrière de Drake, son album Scorpion est une vraie déception par son absence totale de renouveau dans le style de Drizzy. À tel point que l’on croirait réécouter Views. On a parfois même du mal à cerner la différence entre chacun des sons tellement les prods se ressemblent. Seul intérêt, quelques kicks par ci par là, des gossips quand on apprend qu’il a effectivement un fils + les bangers de l’été, déjà sortis depuis des mois. Au final, aucune bonne surprise sur ce nouvel album. On s’attendait à avoir un titre en plus sur lequel danser ou kicker cet été et rien, nada. Drake s’arrête sur ses acquis et « fait du Drake » sauf que la formule est arrivée à sa date de péremption : c’est officiellement chiant. 

De l’autre côté Jul, qui est aussi proactif que Drake, surprend dans le bon sens. Il a pris plus le temps que d’habitude pour faire cette album et ça s’entend. Que l’on adhère ou pas à son style, on ne lui enlèvera pas sa productivité ni le mérite d’avoir innover et conquit un public plus large qu’il n’y parait. « Inspi d’ailleurs » se révèle être un disque cohérent où chaque chanson a le potentiel d’être un banger de l’été et où l’on ne s’ennui pas, à la différence de l’album de Drake, catastrophiquement redondant.  

Certes, les deux rappeurs parlent à deux publics différents, d’un côté les connaisseurs et clients du rap & rnb ricain/international et de l’autre le marché français du rap populaire. Mais aussi surprenant que ça puisse paraitre, Jul le marseillais de coeur arrivé dans le rap jeu “limite par erreur”, répond à l’attente des fans. Bien plus qu’un Champagne Papi fade et amer.

source : https://twitter.com/JulVersus/status/937407097796481025/photo/1


Drake décevant, endormant, un style usé qui nous laisse désabusé (âme sensible s’abstenir)

Scorpion sonne comme un album égoïste. Drake y règle ses différents avec Pusha T comme ta meuf tape une esclandre en boite, c’est gênant. Donc oui, il avait visiblement des couilles à poser sur la table, mais clairement ses fans comme moi n’en ont rien à faire des ses petits soucis d’ego. On voulait de la qualité, on l’a longtemps cherché sur la face A, la face B et on ne l’a jamais trouvé. Choquée déçue.

Décryptage en profondeur de quelques titres pour toi fan de Drizzy qui ne comprend pas ce scandale

Emotionless : On trouve sur ce titre les mêmes voix féminines en background que sur un milliard de titres de Drake et contrastent avec un kickage très titre de fin d’album et limite rappel un peu le gospel sur certains titres de Life of Pablo de Kanye. 

God’s plan : Cool mais ca fait déjà plusieurs semaines que c’est sorti, on a eu le temps de savourer le titre et de l’user en club ou dans la voiture/métro/boulot/dodo depuis le 20 JANVIER.

I’m Upset : Sorti en mai pour du teasing et c’était déjà moyen, ça reste moyen.

Nice for What : Sorti depuis avril et c’était bien, c’est toujours bien mais on eut espéré que ce n’était qu’une mise en bouche qui précéderait un album conséquent et qualitatif : erreur.  

Gnagnagna c’est subjectif on veut du concret

8 out of 10 : À 00:00:10 la phase où il y a des coeurs qui arrivent du background et d’un coup Drake kick et vient casser le rythme c’est exactement la même phase que sur Views à 00:00:33, titre sorti sur l’album éponyme en mai 2016.Pareil les chorus de Sandra’s rose et la prod générale du titre ressemble aussi à Views. 

Talk Up : Titre ennuyant rappé sur une prod aseptysée sans goût ni fantaisie.

Is There More : Fait penser à « U With Me ? » tempo lent saccadé ponctué de basse avec Drake qui rap en contre tempo dessus. 

Peak : Rappel vaguement Keep The Family Close dans le vocodage de la voix qui part plutôt dans les aigus un peu chantonner et les syllabes tirées, presque susurrées par moment.

Summer Games : on dirait une version ralentie du tempo de l’intro de With You featuring Partynextdoor sur Views. 

Finesse : À un nouveau un slow tempo, et un « chanté » nasillard et à la longue insupportable parce que déjà vu, revu et re-revu. 

Ratchet Happy Bday : Si la prod pouvait être intéressante, le kick monotone de Drake donne envie de rester sous la couette plutôt que de turn up pour un birthday. 

That’s How You Feel : Le même rythme que la plupart de l’album et d’une dizaine d’autre titres déjà parus dans la carrière musicale de Drake, et une autre version du kick à la Drake aka accentuer les fins de phrase/mot, vu, revu et re-revu. 

Blue Tint : Micro-respiration d’une prod qui n’est pas un copié collé des autres mais n’est pas non plus une réussite, déception toujours.

In My Feelings : Même façon de kicker que sur la phase de God’s Plan «  She said do you love me? I tell her only partly, I only love my bed and my mama, I’m sorry » en plus ennuyant, car trop calme, endormant, dormons ensemble. À cela se rajoute une phase electro limite EDM saturée digne d’un mauvais titre de Wil.i.am  de 00:02:18 jusqu’à 00:02:28 une horreur. 

Don’t Matter to me : Un featuring cool et efficace mais qui aurait aussi bien pu sortir à la place d’un Fire & Desire sur Views.

After Dark : Sympa sans casser trois pattes à un canard, petite sieste bienvenue en plein milieu du morceau.

Final Fantasy, March 14 : idem, bref il n’y a que les textes qui vont intéresser les fans, mais autant faire une conférence de presse si c’est juste pour annoncer que oui tu as un gosse.  


Globalement Scorpion est un album low, mid-tempo qui donne envie de roupiller et courir au Brésil écouter des sons qui réveillent et ambiancent. Scorpion = 25 titres pour environ 60 % d’ennui. Certains diront qu’il aurait été parfait pour passer l’hiver, je n’en suis pas si sûre.


Jul inspiré, la bonne surprise de l’été 

Virage à 360, après avoir écouté soigneusement Scorpion, écouter l’album de Jul semblerait une hérésie et pourtant c’est une bonne surprise. Passé le choc des prods electro rap qu’on croirait extraies des bruitages de Mario Kart ou autre jeu vidéo encore plus rétro, on se laisse facilement séduire par la fraicheur et la spontanéité de Jul. Personnage atypique qui parle simplement et sait créer des refrains efficaces sans tomber dans l’écueil de kicker tout le temps pareil et de garder les mêmes rythmiques. Si on y retrouve un style singulier, sa façon de kicker évolue selon les prods, et réveillera tous les fans endormis sur le 20eme son de Scorpion. Ses refrains sont efficaces et entêtants et te donneront un mal de cou assuré à force de te dandiner. Jul surprend par son style inspiré historiquement de titres aussi basiques que Barbie Girl ou tubes reggaeton, entre funk et musique populaire. Avant de mettre un pied dans l’univers Jul on ne se doute pas de l’étendue de ses inspirations et du pourquoi ça marche autant, voyage en terre inconnue ça commence maintenant.  

Décryptage de certains des titres de cet album sympathique  

Inspi d’ailleurs : Une fois la surprise de la prod aux sonorités saccadées, répétitives et retro à fond digérée, difficile de ne pas se laisser séduire par un refrain entêtant et un accent marseillais qui rajoute du soleil dans ton été. Un titre archi efficace qui une fois rentré dans votre tête n’en sortira plus jamais. Vraiment jamais, déso le mal est fait, l’univers diaboliquement efficace de Jul est planté, vous êtes conquis ou vous avez vomi. On enchaine.

Bientôt je me taille : Ton pied commence à gigoter, ta tête aussi, si tu as survécu jusqu’ici te voilà à l’intérieur de l’univers Jul. Tu te retrouves à t’identifier à ses textes simples et d’une spontanéité telle, que n’importe qui s’y retrouve. « Nan je dors pas la nuiiiit j’ai plein de choses dans la tête, j’ai qu’un frère et peu d’amis ils veulent tous me la mettre » fuck les haters comme Beyoncé. 

Je pilote : Bienvenue dans une version améliorée de Mario Kart en terme de prod, et bim, Jul règle ses comptes en milles fois plus golri que Drizzy. L’antidote à la morosité de Drake c’est sûrement ça, la fraicheur de Jul son attitude premier degré et ses textes sans prises de têtes «  je refuse pas la photo, à part si j’ai trop de soucis potos », Jul proche de ses fans sans pour autant perdre la santé comme Bieber ou Kanye. 

Fais moi la passe : Voilà un titre écrit pour le mondial avec des clins d’oeil en pagaille, stratégie marketing + 1000, punchline à ressortir en caption instagram/snap +10000, passement de jambes en musique : +1000. Et mercé. 

« Technique comme Maradona »

« Tacle à la gorge comme Cantona »

« vif comme Griezman gaucher comme Bale » 

« j’représente l’OM comme Thauvin »

Un titre qui fait plaisir oui mesdames et messieurs. 

Quelqu’un d’autre t’aimera : Un homme qui console et conseille à une femme de lâcher son keum ce connard, so cool, so 2018. 

« Il est jamais là tu crois que c’est normal

Tu lui a donné de l’amour et il va voir ailleurs » Amen.

Mélancolie du soir : une balade au clair de lune, émouvante. 

Je fais mes bails : vous même vous savez.

coup de genoux : attention messieurs

Toto et Ninetta : une belle histoire d’amour. 

«  Même le matin elle pense à toi

Et la nuit, elle rêve de toi

Tu vois pas, elle est folle de toi

Elle t’aime vraiment, elle est faite pour toiToto et Ninetta, Toto et Ninetta, ensemble à vie ». 

Petit Frère : un beau message fraternel comme on en fait plus. 

Pim Pom : un banger du 14 juillet. 

Au pire : Parce qu’avoir un plan B c’est important.

Les temps changent comme les gens : grave d’accord

Mauvaises Tentations : fais gaffe mec.

Dans sa bulle : pour les gens qui aiment se renfermer sur eux-mêmes. 

Loca : fou en espagnol, terme utilisé pour définir une vie rêvée, titre espagnol friendly.

La rue dans la Cayenne : un titre épicé avec une prod qui fait plaisir.

En attendant : le bus, le métro, un titre parfait pour les salles d’attente.

On vous laisse digérer toutes ces informations, et on assure un SAV de cette critique en MP sur nos réseaux, oui on peut débattre, oui les goûts et les couleurs ça change en fonction des gens. Allez bisous les sangs de la veine.

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