La Frasque donne la parole au collectif Zoll Projekt [Tsoll Proyekt] à l’occasion du lancement de la campagne de pré-commande, ce lundi 9 avril, de l’EP de Meïha,
qui signe la sortie officielle de leur nouveau label : Zoll.

Nous sommes au Hang’art, lieu pluridisciplinaire et chaleureux situé au niveau du canal de l’Ourq. Là où les péniches bordent la seine. Cet espace est à l’image du collectif que nous recevons : décontracté, souriant, bruyant et convivial. Avec nous : Raji, Fakko, Ska, Ali, Marc, Adrien et Joan.

De gauche à droite : Fakko – Ali – Ska (en haut) – Raji – Marc (en haut) – Sarra – Cyril – Adrien (sur cette photo manque Joan mais on l’embrasse fort!)

LF : Pouvez-vous nous partager les débuts de l’aventure Zoll, d’où c’est parti ?
Du canal Saint-Martin ! (Rire) Chacun de son côté a eu l’idée de développer un projet comme Zoll, quelque chose d’évolutif. Nous avons commencé à bosser sur le projet en juin 2016 et l’association a officiellement été créée en août.

“Ska, Sarra et moi y pensions depuis longtemps, puis on a rencontré Fakko. On a réuni une team composée de nous trois, plus Adrien, et commencé à promouvoir nos premiers artistes, qui n’avaient pas encore eu l’occasion de faire de la scène. L’idée était aussi de promouvoir une autre manière de faire la fête. Nous avions tous un background, on baignait déjà plus ou moins dans le milieu…” Raji (co-fondateur)

“Raji écrivait à Le Billet (webzine culturel Suisse qu’il représentait en France). Adrien et Joan faisaient parti du collectif Syndrøm. Comme moi qui ai organisé des événements au Moka et ai fait parti du collectif Quality Beat. Ska mixait et produisait déjà pour son sous alias Collateral Damages, avec à son actif une sortie sur ARTS Digital – un label techno . “ Fakko (co-fondateur)

Quand on allait dans les clubs, on trouvait que ce n’était pas vraiment la manière dont on voulait faire la fête. C’est pourquoi nous avons voulu proposer des expériences différentes pendant nos événements musicaux.

LF : Qu’est-ce que vous apportez de plus ?
Tu trouveras toujours une projection, une expo, des ateliers, même en club ! Ça a joué dans la décision de faire le Gibus (club parisien) par exemple. Car il met à disposition un écran, grâce auquel on peut proposer du gros VJing. Et donner ainsi à travers nos événements un plus grand espace d‘expression aux artistes, qui n’en ont pas forcément la possibilité ailleurs.

LF : Vous travaillez avec pas mal d’autres collectifs parisiens, et récemment vous êtes partis à Berlin. Parlez moi de vos connexions à l’international ?
Paris est le lieu principal de notre activité. En revanche, nous avons quelques connexions à l’étranger, car nous avons gardé de très bonnes relations avec les artistes que nous avons bookés. Aujourd’hui certains nous proposent des invitations.

Le 20 janvier 2018, nous avons programmé au Pavillon des Canaux Matthias Fiedler – patron de Blaq Numbers, un petit label du centre de l’Allemagne – qui fait de la house bien cool. On est en contact avec lui depuis plusieurs mois. À la base il kiffait bien nos photos sur Instagram et en utilisait pour ses covers, alors on s’est dit pourquoi pas l’inviter ! C’était sa première date à l’étranger et ça lui a fait hyper plaisir, tout comme à nous. Une sorte de partenariat officieux s’est installé. On est aussi en relation avec la Love Foundation – Collectif international qui organise des événements à but caritatif, en reversant 80% de leur profit pour la cause de l’accessibilité à l’eau en Afrique, plus particulièrement au Kenya – avec qui on a fait un événement un an avant.

[REPORT] Zoll Geburtstag au Pavillon des Canaux – 07/07/17

Concernant notre voyage à Berlin, c’est grâce à une connexion française. Pour l’histoire, une pote s’était faite héberger dans un loft qui organisait des soirées privées (150/200 personnes). Nous sommes donc partis avec le collectif P2Z. On a bloqué la date et on est allé faire notre teuf privée, qui s’est très bien déroulée. Grâce à cela, nous avons endurci nos relations avec la scène berlinoise. Dans l’idéal nous souhaiterions faire fonctionner ces connexions pour organiser des événements à l’international qui tendraient à promouvoir des artistes à un niveau local.


LF : Zoll est une grande famille. Chacun a des compétences qui permettent au collectif d’élargir son champ d’action. Quelles sont-elles, et comment les investissez vous dans le projet ?

Une majorité du groupe est issue d’une école de marketing et communication. Si on est nombreux dans la cellule communication c’est parce que chacun gère un réseau différent (nous parlons ici de Cyril, Adrien et Marc). Sarra se forme en architecture grâce à quoi elle “pense au futur” à l’aspect scénographique de nos soirées et formats clubs. Ali, Joan et Cyril partagent leurs compétences en RP ainsi que leur réseau pour la cellule partenariat et la cellule prod. Cependant, on touche tous à l’aspect artistique. On est créatif et on ne se cantonne pas à une unique tâche. Et puis il y a Ska, notre dj résident qui amène son expertise musicale au niveau du line up notamment. Finalement, nous sommes tous conscients des compétences de chacun et de comment les mettre à profit. Cela nous permet d’élever le niveau.

LF : Vous portez une attention particulière à l’aspect scénique, pouvez-vous me parler des événements dans lesquels vous avez joué de cette compétence ?
Au Gibus, il n’y avait pas de structure. Sarra en a pensé une avec de la projection dessus, sauf que financièrement ça n’a pas été possible de la réaliser… En revanche, on a eu la chance de bosser avec de supers VJs, comme Les Ouatinées et le collectif Ascidiacea qui nous a permis de réaliser de belles projections tout au long de la résidence. Il y a avait une véritable ambiance derrière le dj ça nous a plu. En revanche sur nos events plus house, comme À la Folie, c’est plutôt un tout : avec des expos, des stands… et beaucoup de paillettes !

Notre démarche est de teaser en amont de l’évènement tout ce qui est déco, scéno dans le but de mettre en avant notre univers et d’y amener le public. Ce que nous aimerions, c’est lui donner la possibilité de proposer des idées. Connaître leurs attentes, les faire participer.

LF : Quelles sont vos ambiances musicales, qu’est-ce qui vous inspire ?
Ça va du hip hop au jazz, en passant par le style garage rock. Après, on écoute de l’électro, de la techno, de la house de la minimale… Finalement, on n’est pas limité sur le genre. Et les événements que l’on souhaite organiser ne sont pas cantonnés à un style particulier. Nous avons réalisé des formats club et d’autres beaucoup plus chill comme au Batofoar ou À La Folie, où ça s’est passé la journée. Notre premier club, c’était house, avec Demuja. Grave cool! Puis on a programmé pas mal d’artistes techno. Mais on peut faire de la dance aussi, enfin tout ça pour dire que ça peut partir très loin. Dans un autre temps, on souhaite choper un spot qui serait propice à l’organisation d’une soirée qui se rapproche plus de l’esprit Punk. On n’est pas dans le concert de rock pur encore, mais ça pourrait ! (Rire) Car cette tendance se ressent beaucoup dans la techno, et pourrait plaire à notre public. Certains musiciens, producteurs, proposent quelque chose de rock, de contestataire.

LF : Quelles sont vos projets en cours, et futurs projets ?
Le lancement sur Diggers Factory de la campagne de pré-commande des futurs vinyles de l’EP Meïha, en collab avec 18KARAT. Ça signe la sortie officielle de notre label Zoll ! Ce label devient une nouvelle plateforme de promotion pour les artistes.

« Collaborer avec Zoll est un plaisir. Ils m’ont sollicité pour faire un EP en fin d’été. On a bouclé la production et finalisé la cover, l’artwork. » Meïha

Pour pré-commander votre vinyle de Meïha suivez ce lien :)
La release digital est disponible sur le site Bandcamp !

LF : Pouvez-vous m’en dire un peu plus sur l’aspect “résidence” ?
Dans le futur, nous souhaitons nous diversifier. Avoir des lieux un peu plus insolites et alternatifs dans lesquels on pourrait accueillir des événements de manière régulière. On a eu notre première résidence de soirée au Gibus, qui s’est très bien déroulée. On veut poursuivre dans cette voie. Pour certains, c’était leur première date française : Vitess, Blazej Malinowski ou encore Escape To Mars – des exclusivités sur la scène parisienne ! Pour Modig par exemple, cela faisait deux ans qu’il ne s’était pas produit en France, c’était bien cool aussi.

Au-delà de ça il y a l’idée du booking – comme pour Meïha – avec des artistes qui ne sont pas forcément sur Paris mais que l’on souhaite garder sous notre aile. Ce sont des talents émergeants que l’on va partir chiner à gauche, à droite, puis aider à évoluer. Plus que de les booker, ce serait aussi de leur permettre de faire des sorties sous différents supports (vinyle…). L’idée, c’est de les manager : les faire avancer avec nous et leur donner une place plus importante sur la scène musicale.

LF : Votre prochaine date ?
C’est un event organisé le 21 avril par en association avec La Chinerie au Petit Bain. Nous sommes partenaires avec Trax Magazine, Beat à l’air, RADIOMARAIS…

EVENT

LF : Votre chanson ?

LF : Votre lieu ?

 

Le Canal Saint-Martin.

 

LF : Le mot de la fin ?
“MULTIKULTI” POWER !
Le mouvement Multikulti promeut la mixité au niveau culturel et social en Allemagne. Il a été notre leitmotiv au début de Zoll Projekt car on est très hétéroclites aussi bien culturellement que disciplinairement.
Et sinon gros bisous à Cyril au Vietnam et à Sarra en Inde ! (Revenus depuis sous la grisaille parisienne…)