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Il nous aura fallu une bonne semaine pour nous remettre du dernier clip de PNL.

Ça commence « comme d’habitude » : les logos des réalisateurs Kamera Meha et Mess apparaissent en incruste, des travellings aériens « back and forth ». On se dit qu’on a encore à faire à un clip de PNL type Le Monde à rien ou Dans ta rue, à base de gros plans sur les tronches charismatiques de ses deux auteurs et grosse équipe de 150 énervés dans la cour. Que ça va être bien, mais qu’il serait temps que les deux frangins se renouvellent un minimum. Que cela devient urgent après deux dernières sorties en demie-teinte (« Lion » et « La vie est belle » qui vaut surtout pour son clip tourné en Namibie).

 Et bien, on a tort.

 

DA arrache tout sur son passage. Sur une production mélancolique de Souleyman Beats, Ademo lâche probablement son meilleur couplet, plein de punchlines malignes et de changements de flow virtuoses. N.O.S n’est pas en reste avec une interprétation plus musicale et planante (« Helloooo, olaaaaa »), mais apparaît toutefois en retrait par rapport à l’insolent talent de son grand frère. Le morceau regorge de fulgurances textuelles toutes à mettre au crédit des névroses d’Ademo, dont cette punchline définitive et déjà culte : « Avant j’étais moche dans la tess / Aujourd’hui j’plais à Eva Mendes ».

Ce qui frappe avec ce morceau, c’est la capacité du duo à synthétiser tous les éléments créatifs ayant fait leur succès pour mieux l’amplifier et l’emmener à un niveau toujours plus haut. La finesse de la production, les uppercuts verbaux, le charisme de l’interprétation, la richesse du vocabulaire n’ont jamais été aussi forts que sur « DA ».

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Que la famille

Et pour couronner le tout, car c’est à présent une habitude avec PNL, le clip vient fracasser la rétine de l’auditeur déjà bien sonné par la qualité du titre. Tout est dit dès les 10 premières secondes, où l’on passe sans transition de la terrasse du Shangri-la avec vue imprenable sur la Tour Eiffel à la cour de la Cité des Tarterêts, avec au passage une étreinte touchante entre les deux reuftons pourtant d’ordinaire si pudiques. Les images marquantes s’enchaînent sans discontinuer : ce singe bien entouré qui siège sur le trône vêtu d’un tee-shirt QLF, le disque d’or du deuxième album « Le Monde Chico » qui tourne de mains en mains avant de finir accroché sur les murs de la MJC du quartier…

Avec 6 millions de vues au compteur en à peine une semaine, on a du mal à voir aujourd’hui ce qui pourrait stopper le rouleau compresseur PNL. Le talent arrogant des deux rappeurs résonne partout, indépendamment de tous schémas sociaux prédéfinis. On a hâte de connaître la suite de l’histoire.