Qui es-tu Kevin Abdoul, fondateur de Prelude Studio

Depuis petit Kevin aime la mode et dessine assidûment. À 17ans il lance sa première marque de t-shirt « Bleu croix » avec sa copine de l’époque un peu sur un coup de tête. Il s’occupe de la créa tandis qu’elle gère la promo & la production. Les deux lycéens débutent de manière artisanale, puis très vite les amis d’amis se mettent à acheter les t-shirts et le petit business dépasse les barrières de leur cercle amical. C’est là qu’ils montent leur e-shop et démarchent des blogueurs pour faire la promo de la marque. Ils arrivent même à contacter une blogueuse influente qui, emballée par le projet accepte une collaboration avec eux.

La Frasque  : Que s’est-il passé une fois que vous avez vu cet engouement pour la marque ? 

Kevin Abdoul : Quand on a eu le retour positif d’une blogueuse influente, je t’avoue qu’on a un peu paniqué. On avait juste 17ans, et on consacrait déjà une bonne partie de nos journées et nuits à ce projet, au risque de mettre de côté les cours. L’ampleur qu’a pris la marque ça nous a submergés et du coup on a décidé de tout arrêter.

Tu n’as pas ressenti un grand vide une fois le projet enterré ? 

K.A. : Honnêtement, je savais dans un coin de ma tête que je reviendrai à la mode tôt ou tard avec plus de maturité et un concept plus abouti.

Retour aux premiers émois, la mode la mode la mode 

Tu arrêtes le projet Bleu Croix en fin de terminale, que se passe-t-il pour toi après ? 

K.A. :Je suis entré à la fac en LEA anglais-japonais et j’ai profité de mon été de L1 pour dénicher un stage dans une maison de mode : Harmony Paris.

Comment as-tu fait pour décrocher ce stage sans vraiment avoir de formation académique en mode ? 

K.A. :Je suis allé à une vente privée et j’ai donné mon CV au créateur de la marque que j’avais reconnu, ça s’est fait comme ça.

Il faut un certain culot pour faire ça … 

K.A. : Sans un minimum de culot c’est compliqué de travailler dans la mode.


Ce stage à Harmony Paris qu’il cite comme sa meilleure expérience pro jusqu’ici, lui a fait découvrir toute la chaine de production de la conception à la mise en rayon d’une marque de vêtements. Il se forge un « oeil » pour la mode aux côtés de David Obadia. Il prend goût aux belles matières et au soin apporté aux finitions. 


C’est à la suite de ce stage que tu fondes ta propre marque est-ce que tu peux m’en dire un peu plus sur la genèse de Prelude ?

K.A. : Pendant toute ma deuxième année de licence j’ai travaillé sur la confection de Prelude. C’est une marque minimaliste qui se veut libre de genre et de fabrication européenne.

Sur tes premiers T-shirt il y avait des slogans en langues étrangères c’était important pour toi de donner un aspect multiculturel à tes pièces ? 

K.A. : Complètement, moi je suis indo-vietnamien, j’ai étudié les langues étrangères. À côté de ça je me sens autant influencé par la culture nippone que les musiques africaines que j’aime écouter, et j’avais envie de mettre ça en avant à travers ma première collection.Bibliothèque


Loin des débuts artisanaux de sa première marque, Kevin souhaite faire les choses bien et se met en contact rapidement avec une couturière parisienne pour assurer une production de qualité. Pour financer la réalisation des prototypes de cette nouvelle collection il travaille tout l’été et réinvestit dans son projet. Ses t-shirts aux slogans évocateurs « From Art School », « Monstre » sont mis en vente à l’automne 2016. La première collection est là.


 

Pourquoi Prelude ? 

K.A. : Je voulais signifier un éternel commencement, une étape en entrainant une autre,  je voulais me rappeler de me remettre en question constamment.

Le tournant Who’s next x Citadium

En mars 2017 tu te retrouves à vendre ta première collection à Citadium comment ça s’est fait ?

K.A. : Fin 2016, j’ai candidaté pour le Who’s Next (salon professionnel international) qui cherchait de nouveaux talents à exposer. Les visuels ont plu et ça m’a permis d’avoir un stand gratuit sur le salon en mars 2017 et deux semaines de pop-up shop au Citadium. Suite à cela la collection s’est vendue dans plusieurs villes en France, en Angleterre et des négociations sont en cours pour s’étendre encore plus. Ça m’a permis de booster mes réseaux sociaux et que la première collection soit sold out. Du coup, j’ai aussi pu repartir de zéro pour la nouvelle collection « Été noir ».

Quels sont les plus grosses difficultés auxquelles tu as été confronté jusqu’ici ? 

K.A. : Honnêtement gérer solo ma propre marque c’est 90% de prise de tête pour 10% de plaisir. Les 10% c’est de voir qu’un client vient de faire une commande, les retours positifs que ce soit sur instagram, le rendu final du lookbook. Pour le reste je dois gérer le service après-vente, les stocks, la promo c’est beaucoup de travail derrière pour rendre concret ce projet. Même le côté administratif c’est tout nouveau pour moi, je découvre et ça me demande beaucoup de travail et d’investissement pour arriver à un résultat aussi gratifiant.

Qui aimerais-tu voir porter tes créations ? 

K.A. : Quand je crée je pense à mes potes et à ce que j’aimerais porter moi aussi. Après je vais aussi penser à des mecs qui ont une grande influence sur les tendances et ce que les gens de ma génération portent comme des Asap Rocky ou Kanye. Même si ce qui en ressort ça n’est pas forcément des vêtements qu’ils porteront, j’aime mêler la mode pointue avec un style plus urbain.

J’allais te demander d’ailleurs quel est le rappeur le plus fashion selon toi ? 

K.A. : Asap Rocky de loin, si un jour il porte mes fringues je serai refait.

Où peut-on te suivre & acheter des pièces de ta dernière collection ? 

Instagram : prelude_studio

Site webprelude-studio.com

 

 

Un grand merci à Kevin d’avoir accepté de répondre à nos questions, et le jour où il fera la fashion week parisienne n’oubliez pas qui est-ce qui vous avait parlé de Prélude en premier. Allez c’est cadeau pour nos fashion loveurs.

@chloeduveau