Vendredi 8 décembre 2017, Yung Lean apparaîssait pour la troisième fois sur la scène parisienne. J’ai eu la chance d’assister au concert de ce jeune prodige, porteur d’une nouvelle tendance de rap qu’on appelle le CLOUD RAP.

Un petit rappel des choses s’impose !

Avant de commencer mon report, il me semble nécessaire de définir deux choses : le « cloup rap » et le chanteur « Yung Lean ».

En quelques mots, le cloud rap , c’est aérien, planant, décousu… d’où le mot « cloud ». Ce sous-genre expérimental du rap est généralement fait de beats lents et évasifs. Côté parole, c’est bien souvent un style tristement réaliste qui est utilisé, avec des paroles prenantes et plutôt floues quant à leurs significations. En France, on pourrait notamment dire que la musique de PNL s’inscrit dans la tendance du Cloud Rap. Mais pour plus de précisions sur ce nouveau-genre, je vous invite à lire cet article écrit récemment par l’un des membres de la Frasque.

Yung Lean, de son vrai nom « Jonatan Leandoer Håstad » est originaire de Suède et plus précisément de Stockholm.  Il fait ses débuts dans la musique et le rap avec une première mixtape intitulée « Unknown Death 2002 » et plusieurs singles tels que « Yoshi City » ou « Ginseng Strip 2002 ».  Ces premières compositions lui ont permis de se construire un début de notoriété. Avec le temps, YL s’est imposé comme l’un des pionniers du Cloud Rap avec différentes tournées internationales (principalement aux États-Unis et en Europe) et avec la sortie de 3 albums, dont « Stranger » sorti il y a tout juste 1 mois.

Son show planant

J’arrive à 20h30, histoire d’avoir le temps de me commander une bière avant que le concert ne débute. À 21h, Yung Lean n’est toujours pas sur scène, en même temps, comme tout artiste qui se respecte, notre chanteur décide de se faire désirer un peu, pour finalement apparaître à 21h30.

Dès son arrivée, de la fumée est projetée en abondance sur toute la scène. Les projecteurs émettent une couleur rouge sang, passant au violet puis au vert, qui, avec la fumée, plonge la salle dans ambiance anxiogène. Yung Lean, qu’on distingue à peine avec toute cette fumée démarre directement par « Muddy Sea », l’un des titres les plus appréciés de son dernier album « Stranger ». À la fin de ce premier morceau, notre artiste du soir reçoit un tonnerre d’applaudissements de la part d’un public déjà conquis par le début du show. L’ambiance ne dépérira pas tout le long du concert. D’ailleurs, quelque chose me frappe, car les morceaux se suivent et pourtant, à chaque nouvelle chanson, un engouement envahit la foule comme si chacun de ses titres était attendu. Le public est totalement sous le charme de notre jeune rappeur suédois, connaissant toutes ses chansons par cœur. De mon côté, pas particulièrement fan de Yung Lean de base mais appréciant tout de même sa musique, je m’étonne moi-même à me laisser bercer par les prods instrumentales planantes du rappeur.  Entre petits pas de danse lents et contrôlés, et mouvements de foule frôlant les pogos, je me laisse embarquer par l’énergie de la foule et la musique envoutante du soir.

Le concert continue et YL régale en alternant les titres de son dernier album comme Skymask ou Red Bottom Sky et certains de ses classiques comme Kyoto ou Ginseng Strip 2002. Force est de constater que ce jeune talent maîtrise à la baguette sa musique. Je suis d’ailleurs surpris de voir que les prods’ instrumentales se marient parfaitement avec le flow lent et mélodieux de YL. Toute la partie instrumentale semble taillée sur-mesure, et je trouve cela d’autant plus étonnant pour un rap cloudy. Entre chanson évasive et morceau plus gang, YL est en totale synergie avec le public parisien.

Pour être honnête, je ne suis pas un incollable sur la carrière et la musique de Yung Lean. Mais pour le coup, c’est en assistant à des concerts comme celui-ci qu’on se rend compte de la valeur d’un artiste. YL est ce genre d’artiste qui apporte une telle plus-value en concert, qu’après l’avoir vécu, on écoute différemment ses musiques. D’ailleurs, depuis vendredi soir, je plane.